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" LE 13 OUVERT 2003"

 

Qu’est-ce que « l’aide à la survie » ?
« L’aide à la survie » constitue l’un des quatre piliers de la politique fédérale en matière d'addiction aux côtés de la prévention, des traitements et de la répression. Elle peut se définir comme :
 

l’ensemble des mesures médico-psycho-sociales destinées à permettre « l’approche de la rue », comme l’ensemble des moyens à disposition pour faciliter la rencontre avec les personnes toxico-dépendantes là où elles en sont dans leur trajectoire, soit fréquemment en amont des structures de soins. L’idée consiste à proposer des « outils » destinés à permettre de mobiliser la personne et de l’inscrire progressivement, selon son propre rythme, dans une démarche d’autonomisation.

 

Qu’existe-t-il en la matière à Neuchâtel ?
Le canton de Neuchâtel a mis en vigueur un concept d’aide à la survie en 1998. C’est à ce moment-là que le Drop-in, mandaté par le canton, a ouvert une structure d’accueil : le 13Ouvert

 

Le 13Ouvert, c’est quoi  ?
C’est une antenne de proximité. Il s’agit d’une structure permettant l’approche de la rue, des personnes toxicomanes actives en voie de marginalisation ou déjà marginalisées.
 

Ce sont des professionnels en matière d’addiction qui reçoivent des usagers indépendamment de leur état physique et psychique du moment.

  

Quels types de services l’antenne de proximité met-elle à disposition ?
Les services sont les suivants : un bar au rez-de-chaussée, un bistro proposant quotidiennement (sauf le mercredi) un repas chaud et équilibré, une buanderie, une douche, un service d’écrivain public (sur rendez-vous), un échange de matériel d’injection stérile, une infirmerie où peuvent être prodigués des soins primaires, une écoute active et un soutien dans l’élaboration de projets personnels.

 

Qu’est-ce que vous y faites, que proposez-vous aux personnes marginalisées ?
Le 13Ouvert propose une double porte d’entrée
 :

Ø      Un accueil,  destiné à toute personne indépendamment de son état psychique et/ou physique du moment. Elle peut bénéficier, sous l’encadrement de professionnels en matière d’addiction, d’une écoute active, d’un travail d’orientation et d’un soutien dans l’établissement des premières démarches sociales et/ou médicales. 

 

Ø      La « deuxième porte » est proposée aux personnes cherchant à s’insérer socialement par le biais d’une occupation individualisée et principalement orientée dans les cadres du bistro, du jardin potager et de la maintenance de ces lieux.   

 

Quels sont les  principaux objectifs visés ?
Nous distinguons les objectifs « directs » et « indirects ».

Les objectifs directs : 

Ø      Entrer en contact avec une population qui ne fréquente pas le Drop-in et qui se situe le plus souvent en amont d’une démarche de soins.

Ø      Proposer un accompagnement à des personnes toxico-dépendantes et/ou marginalisées là où elles se situent dans leur trajectoire de vie.

Ø      Augmenter la qualité de vie des personnes toxico-dépendantes en leur offrant un lieu où il est possible de tisser des liens, de se restaurer, de se laver, de travailler ou tout simplement de se (re)poser.

Ø      Permettre à ces personnes de « raccrocher » au tissu sanitaire et social.

Ø      Donner sens à un quotidien le plus souvent marqué par le manque de repères, par l’ennui.

Ø      Diminuer les risques liées aux pratiques des personnes dépendantes ;  effectuer un travail de prévention sur les produits, les techniques d’injection ou encore les maladies infectieuses.

Les objectifs « indirects » :    

Ø      Réduire les risques sanitaires

Ø      Réduire la délinquance

Ø      Réduire les coûts liés aux deux points précités et aux addictions en générale

  

A quel type de population s’adresse le 13 ?
Le 13Ouvert s’adresse prioritairement aux personnes qui ont des problèmes d’addiction qui  ne peuvent et/ou ne veulent pas encore viser à l’abstinence. Certaines sont déjà en traitement au Drop-in ou sont suivies par un médecin alors que d’autres sont encore en amont d’une telle démarche et n’ont pas – encore – accès à un réseau de soins.   

Dans la réalité, cette année, nous avons également rencontré une autre population. En effet, dans le cadre du bistro, nous avons accueilli  - non sans une certaine surprise ! – bon nombre de personnes âgées dont la situation sociale, pour la plupart, est extrêmement précaire. Nous avons pensé dans un premier temps que leur présence ne serait qu’un feu de paille. Il n’en est rien. Plusieurs continuent de fréquenter assidûment l’antenne de rue. Il est à noter que la cohabitation avec les personnes toxico-dépendantes est généralement positive.   

Nous observons aussi que bon nombre de personnes au bénéfice de l’A.I. (toxico-dépendantes ou non) qui n’ont pas de structure d’accueil adaptée à leur problématique s’approchent du 13 avec des demandes diverses (échapper à la solitude en tissant des liens, manger, trouver une occupation, etc.).

  

Quelle est votre attitude lorsqu’une personne franchit le seuil du 13Ouvert pour la première fois ?

Dans ce cadre, nous nous devons d’observer une certaine vigilance lorsqu’une personne franchit pour la première fois la porte du 13. Il y a bien sûr un respect de l’anonymat, mais un professionnel va toujours  entrer en contact avec un nouvel usager.

 

L’objectif de ce type de démarche est triple : 

Ø      informer la personne concernant le lieu, ses objectifs, ses services, sa population

Ø      se renseigner sur les attentes ou les demandes de l’usager

Ø      évaluer s’il y a adéquation entre les deux points mentionnés

  

Comme vous le décrivez, nous comprenons que l’accès est Ouvert à tout type d’usagers. Il n’y a pas de  seuil minimal pour avoir accès au 13. Y a t-il tout de même des règles à respecter ?
Bien qu’il existe autant d’individus que de situations, nous tenons à toujours faire respecter les règles minimales de «  la maison » :
 

Ø      Il n’y a pas de trafic

Ø      Il n’y pas de consommations

Ø       Et il n’y pas de violence 

 L’antenne de rue est effectivement ouverte à toute personne, indépendamment de son état de santé physique et psychique. Nous le rappelons, notre « philosophie » consiste à pouvoir commencer à accompagner la personne là où elle se situe dans sa trajectoire. Toutefois, nous sommes intransigeants quant à ce que ces règles soient entendues et respectées par les usagers du lieu.  « Tout le reste » se négocie et est souvent prétexte à responsabiliser les clients du 13.

Comment réagissez-vous lorsque les règles sont transgressées ?
Il s’agit de noter trois réalités : 

Ø      Les règles émises doivent être rappelées très fréquemment !

Ø      La transgression est inévitable !

Ø      Le respect des règles est corrélé avec la clarté et la transparence que nous pouvons « assurer » dans notre fonctionnement. 

En cas de transgression, au fil des années et des réflexions, la stratégie qui a cours aujourd’hui est la suivante :

 Ø      verbaliser les impressions ; cette conduite désamorce passablement de situations scabreuses

Ø      sanctionner celui qui transgresse par un avertissement

Ø      interdire temporairement le lieu  au « fauteur de trouble » ; nous insistons sur l’adverbe « temporairement », lequel témoigne de notre volonté de sanctionner tout en évitant l’écueil de l’exclusion

Ø       instaurer des « assemblées générales » ouvertes à tous, avec pour but d’ouvrir un espace de discussion et de verbalisation des conflits.

  

Est-ce que vous pouvez nous donner un exemple ?
Depuis quelques jours, l’équipe est confrontée à la venue de Joe, une personne toxico-dépendante peu habituée à venir au 13 et dont nous savons qu’elle est en phase de rechute massive sur le plan de la consommation de produits tels que la cocaïne et l’héroïne. Joe est très fuyant, agité, à fleur de peau. Chacune de ses apparitions dans nos murs donne lieu à des « messes basses » puis à d’incessants mouvements d’aller et retour.

Dans un premier temps, nous l’informons des règles de la maison. Il nous jure que jamais il ne se permettrait de se livrer au « business » dans ce lieu… Rapidement, des rumeurs courent à son sujet : il serait le « livreur de coke », celui par qui le produit transite, ce que nous lui verbalisons. Le ton monte et Joe se présente comme une victime de malveillance à son égard.

Plus tard dans la journée, il entre en conflit avec un autre usager qui l’a qualifié de « dealer ». Nous intervenons immédiatement, séparant les protagonistes avant qu’ils en viennent aux mains. Joe quitte le 13 avec fracas, assénant le bar de violents coups de pieds au passage.

Le lendemain, alors que Joe se présente à la salle d’accueil du Drop-in, il est convoqué par un collaborateur du 13 et par son référent institutionnel. Plus calme, faisant part de ses remords, il éclate en sanglots, se rend compte que sa situation est catastrophique. De même il parvient à « entendre » puis, après avoir tenté de se justifier à nouveau, à accepter une sanction temporaire de deux semaines.

Et si ça avait dégénéré ?
Par rapport à la violence, lorsque l’équipe ne peut plus faire face, la police est appelée. Ce cas de figure est extrêmement rare mais il s’est déjà produit. Nous en profitons pour saluer la bonne adéquation des interventions de la police lorsque cela a été nécessaire.

 

Quels services ont été les plus fréquentés ?
L’âme du lieu demeure le bistro. Depuis la réouverture en mars 2003, l’ampleur prise par le bistro est impressionnante. Aujourd’hui, la moyenne des repas servis se situe aux alentours de 50, ce qui est considérable. Le vendredi, jour de fermeture de "l'Espace des Solidarités", il n’est pas rare que ce chiffre s’élève à 70 repas.

Le bar a également pris un essor important. Avant même l’heure d’ouverture (9h00) se presse devant la porte d’entrée une dizaine d’habitués, lesquels, le plus souvent, restent au 13 jusqu’à l’heure de la fermeture. 

De juillet à décembre 2003, la moyenne quotidienne des passages au 13 s’est élevée à 70. Les vendredi, ce nombre peut atteindre 90.

 

L’année 2003 a-t-elle vu naître un nouveau service ?
Oui, un automate à seringues a été installé en août 2003 à quelques mètres de l’entrée du 13Ouvert. Des problèmes techniques ont retardé sa mise en service.

Pourquoi avoir posé un automate à seringues ?
L’automate est prévu pour assurer une accessibilité au matériel d’injection stérile 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7
. Ce service est pour l’instant inexistant dans la région neuchâteloise et ne peut être assumé par les structures existantes, une telle disponibilité en terme de personnel étant beaucoup trop onéreuse. L’objectif prioritaire est bien évidemment de contribuer à la prévention des infections (Hépatites, HIV) liées aux mauvaises conditions d’injection.

 

Depuis quand est-il en service ?
L’automate n’a été opérationnel que depuis août 2003. Des problèmes techniques liés à l’appareil ont retardé sa mise en service.

 

Est-ce que les usagers de drogues jettent leurs seringues dans la rue après leur injection?
Même s’il est toujours possible qu’un usager de drogues jette son matériel d’injection dans la rue, ce cas de figure ne nous a pas été rapporté depuis l’ouverture de l’automate. Pour limiter ce risque et donc augmenter le retour du matériel nous avons imaginé un système de consigne pour les boîtes vendues via l’automate. Le prix d’achat de la boîte est de 5 francs. En cas de retour du matériel dans la structure du 13 ouvert ou du Drop-in, le prix d’achat sera intégralement remboursé. Ce système de consigne a été mis en place pour inciter au retour du matériel, le prix a volontairement été choisi comme important pour qu’il soit incitatif au retour.
 

Est-ce que le retour du matériel d’injection usagé fonctionne?
Malgré le système de consigne, une proportion non négligeable du matériel d’injection ne nous est pas rendue (cf : graphique). D’après notre enquête sur le terrain, la raison principale du non-retour du matériel dans notre centre est le souhait de conserver l’anonymat. D’autres raisons sont aussi évoquées, comme par exemple la méconnaissance du système de la consigne (les usagers ne lisant pas les explications apposées sur l’automate ou les boîtes concernant la consigne).

  

Combien de boîtes sont-elles distribuées en moyenne par jour via l’automate ?
5 à 6 boites sont en moyenne vendues quotidiennement. (cf : graphique)

  

Est-ce que l’automate a modifié votre pratique de distribution du matériel d’injection ?  
Non, la distribution du matériel d’injection au « 13 ouvert » et au Drop-in perdure. Le fait de continuer de distribuer de personne à personne présente l’avantage de rappeler des messages de prévention et les règles du « safer shoot ». Depuis que l’automate est en fonction, non seulement la majorité des usagers continuent à venir dans notre centre pour obtenir du matériel d’injection mais cela a ramené également de nouvelles personnes qui ont connu nos services via l’automate. Pour rappel, l’automate a comme fonction de répondre avant tout au besoin des usagers en dehors des heures d’ouverture de notre centre ou des pharmacies.

 

Qui confectionne les boîtes mises dans l’automate ?
Un graphiste a réalisé le design, sinon le matériel a été acheté à des grossistes. La mise en boîte de ce matériel est assuré par des usagers de drogues fréquentant l’antenne de proximité. Un petit atelier de « mise en boîte du matériel d’injection » a vu le jour au « 13 ouvert », les usagers se font rémunérer en fonction du temps passé dans l’atelier.
 

 

Quel premier bilan tirez-vous?
La mise en place de l’automate correspond véritablement à une demande des usagers de drogues, celui-ci étant utilisé quotidiennement
. Même si le nombre de boîtes distribuées est un peu en dessous de nos prévisions, il reste conséquent. De plus, on constate pour le week-end, jour de fermeture des lieux de distribution habituels (13 ouvert, pharmacie), que la demande peut être particulièrement importante (jusqu’à 20 boîtes vendues pour le samedi et le dimanche).

Cette nouvelle offre nous a permis d’entrer en contact avec une partie de la population toxico-dépendante qui ne fréquentait pas les structures du Drop-in ou du 13Ouvert. Ces premiers contacts permettent de nous faire connaître et de distiller diverses informations de prévention et de réduction des risques. 

Le retour «insuffisant » du matériel d’injection pose quant à lui diverses questions : 

Ø      Importance de l’anonymat pour certains consommateurs ?

Ø      Manque d’information concernant le système de consignes ?

Ø      Où aboutit le matériel usagé (problème de santé publique) ?

Une enquête informelle sur le terrain auprès des usagers semble indiquer clairement que certaines personnes ne souhaitent pas être connues de nos services. Il semble s’agir de consommateurs occasionnels (ne voulant plus être considérés comme des usagers de drogues et cherchant à masquer leur dérapage) ou de consommateurs qui ont toujours « échappé » au réseau de soins. Même si l’on peut regretter de ne pas pouvoir entrer en contact avec cette population, il nous semble avant tout primordial de leur permettre d’acquérir du matériel d’injection stérile, surtout en pensant aux ravages actuels de l’hépatite C.

 En ce qui concerne le matériel usagé, nous n’avons pour l’instant eu aucun écho sur une augmentation de ce matériel abandonné dans des lieux publics. Aujourd’hui, nous ne sommes qu’a une première évaluation du fonctionnement  sur moins d’une année, il est donc encore  trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur la question du retour du matériel.

Globalement l’objectif semble toutefois atteint, à savoir que le matériel d’injection peut être obtenu en tout temps.


 

Seringues distribuées par l’automate

 

On constate que le mois d’août correspond au mois de lancement de l’appareil, l’automate n’est pas encore suffisamment connu des utilisateurs, ce qui explique la faible distribution. Celle-ci augmente au fil des mois puis diminue légèrement en décembre. Depuis décembre, l’automate connaît à nouveau des problèmes techniques (l’argent introduit n’est pas toujours comptabilisé et est donc perdu pour l’acheteur), ce qui a certainement contribué à une baisse de son utilisation les derniers mois. Pour ce qui est du mois de février, le chiffre est relatif car il correspond à seulement 2 semaines d’utilisation. L’automate est aujourd’hui en révision et a été mis hors service la deuxième moitié du mois de février.

  

Dans quels secteurs d’activités les personnes peuvent-elles travailler au 13 ?
Deux secteurs sont actuellement privilégiés : le bistro et le jardin potager.

 

Malgré l’affluence massive, est-ce que ce sont toujours les usagers qui confectionnent les repas ?
Oui. L’équipe de cuisine est composée d’usagers pour la plupart en contrat d’insertion socioprofessionnelle. Cette équipe est supervisée par un éducateur dont l’expérience en matière de cuisine et de gestion de restaurant est des plus précieuses.

Qu’est-ce qu’un « contrat d’insertion socio-professionnelle » ?
Le contrat d’insertion socio-professionelle (ou contrat I.S.P.) est un contrat tripartite conclu entre le Service social d’une commune, un lieu de travail pouvant offrir un encadrement adéquat et une personne souhaitant (ré-)investir un programme d’occupation structuré et supervisé.

 

Qu’est-ce que le « jardin potager social » ?
Le lieu se situe à l’est de la ville, dans le quartier de la Cité universitaire. Vers la fin des années 90, la Ville de Neuchâtel a mis à la disposition du Drop-in les anciennes serres de la Ville dans le but de pouvoir proposer à certains usagers une activité occupationnelle. 

Actuellement, une dizaine de patients y travaillent quotidiennement sous la supervision d’un « chef de culture » (un patient qui a investi le jardin dès la première heure) et d’un membre de l’équipe.

Le fruit du labeur des jardiniers permet de ravitailler le bistrot du 13Ouvert en produits frais quotidiennement.

  

Quels sont les principaux bénéfices que les usagers peuvent tirer de leur activité au jardin ? 
Outre le  fait de pouvoir s’investir dans une activité structurée, avec les rythmes et la patience qu’elle impose, les « jardiniers », de part leur activité qui s’inscrit dans le temps, peuvent réaliser qu’ils sont aptes à produire quelque chose. 

Nul doute que l’expérience du jardin constitue un outil efficace permettant de faire émerger des processus identitaires autres que ceux liés à la toxicomanie. De même, le travail au jardin repose nécessairement sur une logique d’anticipation, logique fondamentalement opposée au « tout, tout de suite » caractérisant le fonctionnement le nombreuses personnes toxico-dépendantes.   

 

En ce qui concerne « l’occupationnel », y a-t-il d’autres « portes d’entrée » que le contrat I.S.P. ?
La majorité des travailleurs est effectivement composée par les bénéficiaires d’un contrat I.S.P. Néanmoins, d’autres types de « contrats » sont envisageables au 13Ouvert ou au jardin. Ainsi nous assistons à une augmentation importante de demandes formulées par des bénéficiaires de l’A.I. dont plusieurs travaillent actuellement au 13 ou au jardin. Notre dilemme est que nous ne pouvons pas rémunérer ces personnes. Ce que nous leur proposons : les repas offerts et une petite rémunération financière en fin de semaine (entre 5.- et 15.-, selon le nombre d’heures effectuées). Le même cas de figure se présente pour des chômeurs désireux de « s’occuper » dans un lieu où ils peuvent travailler à leur rythme (cas de figure rare).

Nous proposons également des travaux ponctuels : « les boulots à 5.- »  et les « trocs » (un travail d’environ 30 minutes contre un repas).

Une autre « porte d’entrée » est également proposée aux personnes à qui la possibilité est donnée de transformer une peine de prison ferme en « travail d’intérêt général » (T.I.G.).

 

Le T.I.G. ?
Le Drop-in adhère à la conviction selon laquelle l’emprisonnement de personnes toxico-dépendantes pour des motifs de consommation personnelle est la plupart du temps une mesure inopérante, voire contre-productive.

En effet, si l’on considère que la consommation de produits stupéfiants est une automédication de problématiques sous-jacentes et antérieures, l’emprisonnement ne règle rien.

La sphère juridique tend à partager cette opinion. L’excellente collaboration avec l’Exécution des peines nous incite à poursuivre notre expérience en matière de programmes de travaux d’intérêts généraux.

A l’instar des personnes sous contrats I.S.P., celles qui effectuent un T.I.G. se voient attribuées un horaire et un cahier des charges. Le suivi est effectué avec rigueur et en lien étroit avec l’Exécution des peines.

Avec quels partenaires du tissu social collaborez-vous ?  
Développer la culture du réseau reste l’une des priorités de notre travail
. Nous avons établi depuis plusieurs années de bonnes collaborations avec différents partenaires du réseau social tels que le Service social, L’Espace des solidarités, le Foyer du Rocher et, plus récemment, avec La Lanterne, l’antenne tenue par l’aumônière des rues.   

Ainsi que nous le mentionnons plus haut, une excellente collaboration existe également avec l’Exécution des peines, ce qui permet à certains usagers de bénéficier de la possibilité de transformer des peines de prison ferme en travail d’intérêt général dans le cadre du 13Ouvert. 

Seule ombre au tableau : les collaborations sont limitées lorsque nous sommes confrontés à des personnes qui cherchent un hébergement d’urgence. Depuis de nombreuses années, le constat est le même : il n’existe pas, à Neuchâtel, de structure d’accueil de type « sleep-in ».

 

Quels sont les projets à développer et à concrétiser en 2004 ?
En 2004, notre idée est de développer le potentiel de la maison en proposant notamment :
 

Ø      une ouverture sur 5 jours

Ø      un élargissement de l’offre des ateliers 

Nous observons que les demandes liées au pôle occupationnel sont en nette augmentation, raison pour laquelle nous envisageons de créer des ateliers d’occupation mais également d’animation durant les après-midi. Nous remercions sincèrement la Dîme de l’alcool qui, grâce à son importante contribution financière qui nous garantit un poste supplémentaire pour une année, nous permettra de commencer à réaliser ce projet.

 

En conclusion, quels sont les principaux bénéfices d’une antenne de proximité comme le 13 Ouvert ?
Nous l’avons mentionné, une antenne de rue comme le 13Ouvert ouvre la perspective d’importants bénéfices parmi lesquels :
 

Ø      Une amélioration de l’état social et sanitaire des personnes toxico-dépendante

Ø      Une facilité de l’accès aux thérapies visant à amener progressivement à l’abstinence

Ø      Une baisse de la criminalité

Ø      Une diminution des cas d’overdose

Ø      Une diminution considérable des coûts sociaux engendrés par cette population.

 

Est-ce que le coût de l’infrastructure n’est pas trop important ?
Les économies que permet d’atteindre une structure d’accueil comme le 13Ouvert compensent largement le coût de son fonctionnement.

Mais pour « bien fonctionner », notamment pour pouvoir ouvrir tous les jours de la semaine et développer le pôle occupationnel, il est primordial et urgent de pouvoir s’appuyer sur une équipe plus nombreuse.

 Augmenter le personnel du 13Ouvert c’est: 

Ø      augmenter quelque peu les coûts de l’infrastructure du 13Ouvert

Ø      diminuer drastiquement  les coûts de la toxicomanie et de ses corollaires.

 

 


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