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" LE 13 OUVERT 2004" Les activités et les offres du 13Ouvert
L’accueil Le rez-de-chaussée est en principe fréquenté par les patients du Drop-in. Le collaborateur présent offre une oreille attentive, ré-oriente les usagers dans d’autres secteurs du 13Ouvert selon leurs besoins. Il est continuellement nécessaire de rappeler les règles de base du lieu, c’est-à-dire pas de violence, pas de trafic et pas de consommation. L’équipe a établi un protocole des sanctions (cf. annexes) afin de clarifier certaines situations. Bistro social Le nombre des repas servis a encore augmenté durant cette année (cf. statistiques, p.49). Beaucoup d’usagers hors Drop-in viennent en effet que pour le repas et n’utilisent pas les autres offres du 13Ouvert. L’équipe de cuisine doit fonctionner de plus en plus professionnellement pour gérer un si grand nombre de repas et il s’est avéré très difficile de trouver une équipe fonctionnelle avec nos usagers. Buanderie/couture Cette offre est utilisée quotidiennement. Conseils et aide pratique Beaucoup de nos usagers rencontrent, malgré un suivi assuré par les Services sociaux, de graves difficultés d’ordre pratique. Le 13Ouvert se voit de plus en plus confronté à des personnes présentant des problèmes sociaux divers : recherche de logement, recherches d’emploi, questions administratives, etc. Grâce à l’engagement temporaire d’un troisième responsable du lieu, il est désormais plus aisé d’offrir aux usagers un réel soutien dans ce domaine. Ils peuvent également être orientés dans un des services du réseau social répondant à la demande spécifique. Le secteur de « l’écrivain public » a ainsi réellement pu prendre une ampleur qui ne cesse de grandir tant les besoins y relatifs semblent importants. Soins de base et remise de matériel
d’injection La remise de matériel d’injection stérile est plus largement expliqué plus loin. Par rapport aux soins de base, des petites affections somatiques peuvent être traitées dans l’infirmerie du 13Ouvert. De nombreuses personnes, par exemple, viennent faire des changements de pansements ou demandent conseil suite à des lésions liées aux injections. Les usagers sont bien entendu orientés vers leur médecin traitant ou les polycliniques suivant la gravité de l’affection. L’insertion socio-professionnelle
(ISP) Les chiffres des statistiques le démontrent clairement : le nombre de contrats ISP signés est en constante augmentation. Nous profitons de l’opportunité du rapport d’activité 2004 pour remercier la « Dîme de l’alcool » du versement de son don qui a permis d’engager (temporairement du moins) un troisième collaborateur, actuellement co-responsable du lieu. Grâce à cette force supplémentaire, l’encadrement ISP a pu être sensiblement renforcé. Notons également que parmi les usagers bénéficiant d’un contrat d’insertion, nombreux sont ceux qui ne sont pas suivis au Drop-in. Pour ces personnes, connues de longue date au 13Ouvert pour la plupart, nous pensons qu’un travail en insertion dans un cadre plus exigeant - au niveau des horaires ou de la nature des tâches à accomplir - serait difficile, voire voué à l’échec (ces personnes présentent des problématiques psychiatriques ou sont socialement « hors course » depuis fort longtemps). Le travail d’intérêt général
(TIG) Les demandes liées à ce secteur sont également en augmentation. Une excellente collaboration avec l’Office de l’exécution des peines a permis une bonne prise en charge des personnes condamnées.
Notons que deux personnes sont actuellement sous contrat ISP après avoir exécuté leur peine sous forme de TIG. Celles-ci ont donc pu améliorer leur situation sociale et retrouver une certaine stabilité par cette « porte d’entrée ».
La population du 13Ouvert Durant l’année 2004 une moyenne de septante personnes par jour franchissent la porte du 13Ouvert. La plupart des personnes qui fréquente le 13Ouvert souffre de polytoxicomanie et ont une relation aux produits basée sur le modèle de la gestion de consommation. Souvent en traitement dans un lieu de soins, ces personnes ne peuvent, ne veulent ni ne sont prêtes à se fixer comme objectif l’abstinence. Nous les voyons « s’automédiquer » régulièrement dans leur quotidien par l’utilisation de produits psychotropes illégaux ou légaux (principalement l’alcool). Un tiers des personnes ne souffre pas proprement dit de problèmes d’addiction, mais est touché par une désinsertion sociale parfois de longue date et souvent liée à des problèmes psychiatriques. Pour moins d’un tiers de notre population, nous accueillons des personnes toxicodépendantes sans lien avec le tissu médical. Dans la majorité des cas, elles sont connues par l’équipe éducative et vivent des ruptures dans leur traitement. Le 13Ouvert est fréquenté avant tout par « l’ancienne zone. La population vieillit ! L’équipe éducative se voit régulièrement sollicitée par des parents toxico-dépendants avec leurs enfants en bas âge ou dans la pré-adolescence. « La nouvelle Zone » moins âgée et consommatrice de produits de synthèses est très peu présente dans l’antenne de rue. Le mode et le lieu de leur consommation pouvant en être une explication. Dans ce contexte, les différents services que nous avons mis en place sont largement utilisés et au bénéfice de nos usagers. Les demandes sous la forme de conseils, de soutien et d’insertion se multiplient. Notre travail reste centré sur la prévention et la réduction des risques liés à leur toxicomanie. Cela nous demande de plus en plus d’interventions et de « faire avec » dans le cadre du 13Ouvert, de la rue jusqu’à leur domicile.
Quelques statistiques concernant le
13Ouvert Nombre de contrats ISP : Nombre
de repas servis :
L'automate à
seringues L’automate est prévu pour assurer une
accessibilité au matériel d’injection stérile 24 heures sur 24 et 7 jours
sur 7 dans le littoral neuchâtelois. Son
objectif prioritaire est bien évidemment de contribuer à la prévention des
infections (Hépatites, HIV) liées aux mauvaises conditions d’injection. Il
permet avant tout de compléter l’offre existante et de permettre un dépannage
en matériel d’injection lors de la fermeture des lieux de distribution
habituels. Pour rappel, ce projet a pu démarrer grâce au soutien de l’OFSP (Office fédérale de la santé publique) en collaboration avec le BRR (Bureau de réduction des risques) de l’OSEO. Nous avons imaginé un système de consigne pour les boîtes vendues via l’automate. Le prix d’achat de la boîte est de 5 francs. En cas de retour du matériel dans la structure du 13Ouvert ou du Drop-in, le prix d’achat est intégralement remboursé. Ce système de consigne a été mis en place pour inciter au retour du matériel, le prix a volontairement été choisi comme important pour qu’il soit incitatif au retour. La distribution de seringues est opérationnelle depuis août 2003. Avec plus d’une année de fonctionnement, nous arrivons aujourd’hui à avoir suffisamment de recul pour son évaluation. Nous faisons, après une année de fonctionnement, les constats
suivants : Ø Le nombre quotidien de seringues distribuées par l’automate est en dessous de nos prévisions, il a même légèrement diminué durant l’année 2004. Dix à vingt boîtes sont distribuées chaque semaine, une utilisation quotidienne est par contre à signaler ce qui démontre bien l’utilité de ce service. Ø
La proportion de retour des boîtes reste faible, ce retour
n’atteint pas les 50%. Ø
La distribution de seringues de personne à personne via nos
lieux de distribution est en augmentation depuis l’ouverture de l’automate. Ø Il n’y a jusqu’à aujourd’hui pas eu de plaintes concernant du matériel d’injection traînant sur la voie public. Nous n’avons pas non plus constaté que des seringues auraient été abandonnées aux alentours de l’automate ou du centre de traitement. Ces constats posent différentes questions auxquelles nous pouvons tenter de répondre. o Est-ce que le prix élevé de la boite à 5 francs est dissuasif pour son achat? o Pourquoi un si faible taux de retour ? o Est-ce que l’offre globale d’échange de seringues n’est pas adaptée à Neuchâtel et ses environs ? Nous n’avons presque jamais entendu de critiques de la part des usagers sur le prix de cinq francs. Bien que ce prix soit important et qu’il n’est pas toujours évident d’avoir 5 francs en poche, il semble que cela n’explique pas son utilisation restreinte. Il faut aussi savoir que nous avons décidé de ce prix élevé pour maintenir les autres voies de distribution à savoir l’antenne de proximité du 13Ouvert où il y a gratuité pour le matériel et les pharmacies qui vendent les boîtes 3frs50ct. Ces structures ont l’avantage d’offrir un contact lors de l’échange de seringues. Pour rappel, le but de l’automate est avant tout de compléter ces offres en dehors des heures d’ouverture, mais en aucun cas de les remplacer. La question du faible taux de retour nous surprend toujours. Le besoin de conserver son anonymat semble toujours être l’hypothèse prédominante, d’autant plus que le retour du matériel se fait auprès du personnel du Drop-in et que certains usagers bénéficiant d’une substitution de méthadone au Drop-in et achetant du matériel d’injection sont probablement gênées par cette situation. Il est par contre intéressant de constater que l’échange de seringues proposé au 13Ouvert et au Drop-in est en nette augmentation. L’automate a certainement joué son rôle de « rabatteur » et a permis à certains usagers de mieux connaître nos services et d’oser franchir notre porte pour faire une demande pour du matériel d’injection. Il existe donc une corrélation positive entre l’automate et notre lieu de distribution de seringues. En comparaison à d’autres villes, la distribution de matériel d’injection via notre centre (automates et distribution de personne à personne) reste modeste. Cette offre doit certainement s’améliorer et un travail d’information de nos services et de prise de contact auprès de nouveaux usagers doit se poursuivre, notamment dans les lieux de « deal ». Par rapport aux autres régions, la situation n’est pas plus dramatique en termes d’infection virale. En effet, le pourcentage de séroconversion HIV ou Hépatite C sont, dans la clientèle suivie au Drop-in, pas plus important qu’ailleurs. Le taux de séroconversion HIV chez les usagers qui s’injectent des drogues est de 3% au Drop-in et nous n’avons pas rencontré de nouvelles contaminations ces dernières années. Le pourcentage de patients atteints par l’hépatite C est par contre très important, il correspond à la moyenne nationale rencontrée chez les usagers de drogues (environ 70%). Dans tous les cas, il faut continuer d’optimiser au maximum la distribution de seringues et développer toutes mesures pouvant réduire les contaminations virales de l’hépatite ou du HIV. D’autres moyens doivent s’adjoindre à la distribution du matériel, à ce propos, des cours de réduction des risques proposés aux usagers dans notre antenne de proximité du 13Ouvert vont être à nouveau organisés cette année. En conclusion, l’automate remplit aujourd’hui pleinement
sa fonction, à savoir assurer l’accessibilité à du matériel
d’injection 24h/24 et 7j/7 sans se substituer aux autres offres déjà
existantes de distribution de matériel d’injection. Depuis son ouverture,
nous n’avons plus reçu, via notre ligne téléphonique d’urgence, des
demandes pour de la distribution de matériel d’injection le week-end ou la
nuit. Seringues
distribuées par l’automate en 2005
Le
Jardin potager social Cela fait 6 ans que le Jardin potager social est en activité sans discontinuer. L’équipe qui la compose, sept personnes à l’aide sociale et bénéficiant d’un contrat d’insertion socioprofessionnelle, est bien rodée et le Jardin est bien implanté dans le quartier. Cette année, pas moins de 477 kg de légumes ont été produits dont 400 ont été consommés au 13Ouvert. A cette production s’ajoute celle des fraises et des fleurs. Nous constatons que l’augmentation de la fréquentation de
l’antenne de rue (avec augmentation du nombre de repas servis) a un effet
direct sur la dynamique du jardin. En effet, la quantité de légumes vendus sur
place aux voisins a sensiblement diminuée étant donné que la quasi-totalité
de la production a été livrée au 13Ouvert. Pendant la période
creuse de l’hiver, le travail au jardin est au point mort. L’équipe profite
de cette accalmie pour rafraîchir et aménager les locaux adjacents. Un nouvel atelier de
vannerie sur rotin a été créé dans le cadre du jardin dans le but de fournir
du travail à l’équipe durant l’hiver ou, de manière plus générale,
lorsque la météo ne permet pas le travail de la terre. Un petit local a été
aménagé par l’équipe de jardiniers et l’activité a été mise en place
puis animée par le collaborateur responsable du jardin.
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