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Aide aux parents 2000
En 2000, la
psychothérapeute dans l'institution a reçu pour 116 consultations des parents qui consultent seuls, le plus souvent
de leur propre initiative. Ces consultations
ont concerné 58 personnes : 36
mères* et 22 pères* (* qui assument le rôle de père / mère mais qui
peuvent ne pas être les "géniteurs"). Près de la moitié
d'entre elles ont été des consultations
de "couples de parents"
: il nous apparaît que les parents s'impliquent, davantage que par le passé,
d'emblée ensemble : cela est quasiment la règle quand le problème qui les amène
concerne un enfant adolescent. Dans le cadre, par
contre, des consultations où un parent est reçu seul, les mères sont toujours
surreprésentées par rapport aux pères ("6 mères pour 1 père").
Notons cependant que, dans un deuxième temps, le parent reçu seul peut
accepter l'idée d'une consultation de parents et inviter alors son conjoint à
y participer. Si en l'an 2000,
la moitié des parents reçus sont connus, une autre moitié est constituée de
parents inconnus de l'institution, mais qui s'y adressent assez
"naturellement". La plus grande partie des situations présentées sont celles où des parents se sentent en difficulté avec un enfant adolescent (voire, parfois, avec plusieurs).
Le motif le plus
souvent avancé pour prendre contact et qui cristallise les angoisses des
parents est la découverte de la consommation d'un psychotrope illicite, le
cannabis surtout mais pas toujours exclusivement, par leur adolescent, souvent
encore en âge scolaire. Il s'agit alors d'aider ces parents à trouver des repères : - de prendre, avec eux, la mesure de la place de cette consommation dans la vie de l'adolescent : a-t-on déjà à faire à un comportement toxicomaniaque, d'un côté, ou à un usage épisodique, d'un autre, avec toutes les variantes possibles entre ces extrémités ? - d'essayer également d'en dégager un sens possible dans le moment que traverse leur adolescent; de découvrir, plus concrètement, avec eux quelles pourraient être les impasses (individuelles / relationnelles) où il pourrait se trouver et de découvrir aussi les ressources et les appuis sur lesquels compter pour l'aider à s'en dégager, - d'aider également les parents à retrouver des repères pour leur rôle particulier de parents d'adolescent(s), de parents d'êtres qui sont, par définition, "immatures", n'étant plus des enfants mais pas encore des adultes, et qui, de ce fait, ont encore besoin de leur rôle protecteur mais non accaparant : · accepter d'être un parent différencié qui n'a pas à être toujours d'accord avec l'adolescent et qui garde des frontières claires quant à sa propre intimité, · accepter de rester protecteur tout en supportant les réactions possibles de l'adolescent aux limitations qui lui sont mises, · pouvoir prendre la mesure de la difficulté de la tâche sans se défaire narcissiquement...
sont des domaines très souvent évoqués avec eux dans leurs relations
à leurs enfants. Si chaque situation présentée est tout à fait singulière, il n'en demeure pas moins que, dans la majeure partie des cas, les parents ont de bonnes raisons pour consulter : - dans un certain nombre de cas, une intervention de quelques consultations paraît suffisante pour permettre à des parents d'effectuer des réajustements plus heureux dans leurs relations à leurs enfants, tout en les confortant dans leurs capacités à mieux les aider; - dans d'autres cas, où l'équilibre d'un adolescent semble plus délicat à trouver, une proposition de suivi à un plus long terme est faite aux parents concernés. Le rythme des
consultations comme le suivi envisagé sont fonction de notre perception des
besoins de ces parents et, derrière eux, de ceux de leurs adolescents; mais ils
sont, dans la réalité, fonction de l'investissement et de l'intérêt que les
parents prennent à nos rencontres. Dans
tous les cas, nous essayons, tant que faire se peut, d'aider ces parents à
trouver de nouvelles ressources pour sortir de l'impasse dans laquelle ils se
sentaient en venant nous consulter... Une autre partie de ces consultations concernent des parents ayant des enfants toxicomanes. Cette
année, la moitié de ces situations ont concerné des parents ayant des enfants
toxicomanes, jeunes, et en début de "trajectoire" à l'héroïne,
mais dont le comportement toxicomaniaque, bien antérieur, était jusqu'alors
passé "inaperçu". Il s'agit ici d'aider les parents à supporter "le choc" et l'angoisse que cette "révélation" soulève, de les soutenir pour qu'ils puissent garder un lien avec leur enfant sans complicités malsaines, de les aider à perdre l'illusion d'une solution qui "sortirait magiquement" leur enfant de cette dépendance ... de les aider à s'interroger sur cette dépendance... Ce soutien est rendu plus difficile encore quand l'enfant concerné n'a que peu de motivation à se faire aider, enfermé dans un sentiment de maîtrise toute-puissante ("je peux m'arrêter tout seul quand je veux...") et que les parents découvrent en parallèle la violence de ses comportements auto-destructeurs... Des propositions
de suivi sur un certain long terme sont faites à ces parents (quelquefois, une
psychothérapie). (Notons que,
parallèlement dans l'institution, tout est fait pour que les enfants puissent y
suivre un traitement individualisé et qu'ils puissent aussi, avec leurs
parents, bénéficier de rencontres de famille lorsque cela semble utile.) L'autre moitié
des situations concernent des parents ayant des enfants toxicomanes plus âgés, "chronicisés". Il s'agit ici,
d'un côté, de soutenir des parents souvent déprimés qui ont un enfant
toxicomane refusant de s'approcher de tout réseau de soins. Il peut s'agir
aussi de soutenir le narcissisme de parents qui, bien que leur enfant se soigne
depuis longtemps, n'arrivent pas à accepter la blessure que représente leur
handicap, souvent le trouble psychiatrique sous-jacent au comportement
toxicomaniaque : il s'agit donc de les aider à faire le deuil d'attentes
disproportionnées à son sujet pour une acceptation à ce que leur enfant vive
"le mieux possible selon ses capacités". Dans
tous ces cas, le travail poursuivi avec les parents va dans le sens de les aider
à acquérir une meilleure distance relationnelle
Et
qu'est-ce qu'on en disait l'année précédente, en 1999 ?...
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