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EN GUISE DE CONCLUSION
![]() Ce rapport d'activité démontre l'ampleur et l'importance des tâches et des missions confiées aux centres de soins dans notre canton. Nous avons également voulu, en décrivant plus précisément
notre méthodologie de travail au Drop-In de Neuchâtel,
montrer comment nous nous sommes organisés pour faire face à
une augmentation permanente du travail, sans commune mesure avec l'évolution
de la dotation en personnel (malgré les trois postes alloués
à "l'Aide à la survie").
La professionnalisation et la rationalisation pour éviter le rationnement ! Mais ces solutions ont hélas leurs limites, et ces dernières approchent. Nous sommes particulièrement satisfaits de l'évolution "fulgurante" et des potentialités considérables du secteur "Aide à la survie" composé principalement du "13 Ouvert" et du "Potager social". Nous avons pu ainsi effectivement toucher toute une population qui n'avait auparavant aucun contact avec le secteur sanitaire et social. Le "13 Ouvert" est devenu un lieu connu et reconnu dans les rues, les "squatts", dans la ville. La création et le développement de ce secteur ont entraîné de nouvelles collaborations importantes et intéressantes par l'offre que nous pouvons y faire de nombre de contrats d'Insertion Socio-ProfessionneIle (ISP) et de places pour le Travail d'Intérêt Général (TIG). Le "Potager social" a, entre autre, jeté des ponts avec la population du quartier par la mise en valeur des lieux, la vente de plantons et de légumes, par des activités communes (apéros grillades, etc.) Cela contribue certainement aux changements de l'image des personnes toxicomanes et marginales dans la Cité, ce qui est un facteur de "ré" intégration des plus importants. Notre préambule rappelle notre mission d'information. Cette mission est particulièrement importante du moment où les décisions vont être prises dans le cadre de la révision de la loi fédérale sur les stupéfiants. Si le texte de Mark Hunyadi aide certainement à poser les vrais problèmes et à y réfléchir, nous sommes frappés par la difficulté d'obtenir un peu de clarté dans le débat, difficulté due entre autre aux confusions permanentes générées par l'utilisation inadéquate des termes "dépénalisation", "décriminalisation", "légalisation", "libéralisation". ![]() "Le Conseil des Etats, en mars 2000 entre en matière quant à la dépénalisation, voire la libération des produits issus du cannabis." Cette phrase est significative, il nous a été effectivement impossible en lisant la presse de savoir s'il s'agissait d'une dépénalisation, d'une libéralisation voire d'une légalisation ! Au fil des différents articles, toutes ces possibilités étaient évoquées, en passant par la décriminalisation et bien sûr toujours accompagnées d'un maximum d'affects. Il est grand temps, pour faire avancer le débat et la réflexion de procéder à un "désenchevêtrement sémantique". La population en général ne consulte pas les dictionnaires juridiques, elle parle le langage courant, voire consulte le petit Larousse : Définition du petit Larousse 1996 : Dépénalisation : action d'ôter le caractère pénal. Décriminalisation : soustraction à la juridiction criminelle. Légalisation : action de rendre légal : conforme à la loi, défini par la loi. Libéralisation : - action de libéraliser : rendre plus libéral : - favorable aux libertés individuelles, à la liberté de penser. - qui appartient au libéralisme économique ou politique ! - indulgent, tolérant, permissif. Ces définitions nous démontrent bien les difficultés d'avoir un langage commun en la matière. Elles nous permettent de constater que les dérivés du cannabis ne sont ni dépénalisés, ni décriminalisés, ni légalisés, ni libéralisés, alors que l'utilisation de l'héroïne a été légalisée par des arrêtés fédéraux urgents dans le cadre de la prescription médicalement contrôlée où elle est également dépénalisée et décriminalisée tout en étant libéralisée au sens de la définition "rendre plus favorable aux libertés individuelles, à la liberté de penser" mais pas au sens "rendre plus indulgent, tolérant et permissif", ni "qui appartient au libéralisme économique ou politique"(!!!) Pour pouvoir mener à bien un débat aussi important que celui qui doit précéder les décisions à prendre en matière de révision de la loi fédérale des stupéfiants il est de la première importance de réfléchir aux bonnes questions et si possible avec un langage commun. La manière dont ce débat est rapporté par les médias et dont il est appréhendé en général dans la population nous montre bien que ce n'est encore largement pas le cas. Ces clarifications ne sont pas seulement utiles, elles sont indispensables en regard de l'importance des décisions à prendre, si nous ne voulons pas que toute réforme à venir se transforme en véritable "auto-goal". Nous continuerons pour notre part à tenter dans la mesure de nos moyens d'éclairer le débat, tout prochainement en essayant de contribuer au "désenchevêtrement sémantique" par la consultation de spécialistes nous permettant de définir une fois pour toute ... et pour tous, ce que sont : * La dépénalisation.
Pour le plus grand bien de l'Intelligence et de toutes les bonnes volontés et au détriment du paradoxe et du quiproquo. Nous essayerons de publier leurs contributions en annexe lors de l'impression définitive de ce rapport.
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