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Coop décide d'interdire les Supercard en faveur d'associations caritatives

La direction de Coop a décidé de refuser les Supercard dontles points étaient, jusqu’ici, versés à des associations culturelles ou caritatives. Le Drop-In de Neuchâtel est choqué par cette décision. Son restaurant social ne pourra plus bénéficier des points collectés par de nombreux donateurs, et qui lui permettaient d’acheter pour 3000 à 4000 francs de denrées par an.

En 2007, le Drop-In deNeuchâtel,un centre qui vient au secours de toxicomanes, invente la «Supermulus», une carte ingénieuse qui permet à des donateurs anonymes de reverser directement leurs points Coop ou Migros au restaurant social du Drop-In.

Le principe? La carte est munie d’un code-barres au recto, d’un autre au verso. L’un des codes-barres est à présenter lors d’achats à la Coop, l’autre aux caisses de la Migros. Et les points atterrissent sur un compte du Drop-In. 

 «Grâce à ces points accumulés par nos donateurs, Migros nous verse chaque année 3000 à 4000 francs sous forme de bons d’achats. Pour Coop, ça représente la même somme, mais sous forme de points qui nous permettent d’acquérir des denrées ou du matériel pour notre restaurant social», explique Daniel Bugnon, sous-directeur du centre d’information, de prévention et de traitement des addictions.

Durant trois ans, le système fonctionne parfaitement. «Il a représenté une véritable aide financière pour nous.» Mais fin septembre, la machine s’enraye. «Des utilisateurs de la Supermulus nous ont signalé que des magasins Coop du Littoral avaient refusé leur carte», raconte Daniel Bugnon.

Interpellé par cette nouvelle, le sousdirecteur du Drop-In envoie deux courriers postaux au service des consommateurs de Supercard, avec copie à la direction de Bâle, le 4 puis le 25 octobre. Sans réponse, il relance Coop et Supercard par email, le 11 novembre, leur demandant de réactiver la fameuse carte Supermulus. Le silence radio se poursuit.

Sollicité par la rédaction de «L’Express-L’Impartial», Coop sort alors de son mutisme. «La direction générale de Coop a effectivement donné l’ordre à ses employés, il y a un mois, de refuser les Supercard destinées à des associations», explique Daniel Rey, porte-parole du groupe pour la Suisse romande.

«Il y a eu des abus. Par exemple des particuliers ayant trouvé des cartes ont fait transférer les points sur leurs comptes.»

Mais lorsqu’on demande à Daniel Rey si ces abus ont concerné des Supercard en faveur d’associations, il répond que non. «Mais la Supercard est individuelle et limitée à un ménage, selon notre règlement. Il n’est donc pas possible que des dizaines de personnes soient en possession du même code-barres! C’est pourquoi nous n’acceptons désormais que les Supercard originales», ajoute le porteparole.

La direction de Coop a donc choisi de serrer la vis et de faire respecter le règlement à la lettre. «Mais les associations peuvent demander à leurs donateurs de prendre une Supercard personnelle, et de transférer régulièrement leurs superpoints à l’oeuvre caritative. C’est autorisé», indique Daniel Rey.

Une suggestion qui fait bondir Daniel Bugnon: «La plupart des utilisateurs de notre Supermulus ne veulent justement pas être fichés chez Coop ou Migros! Ils utilisent la Supermulus pour que leurs points ne soient pas perdus et qu’ils servent au moins une bonne cause.»

Le bras de fer est engagé. En Suisse, de nombreuses associations risquent ainsi de perdre une aide conséquente. Mardi, Daniel Rey a assuré que la direction de Coop ne reviendrait pas en arrière, mais proposerait des solutions. «Je ne comprends pas pourquoi les lettres du Drop-In sont restées si longtemps sans réponse. C’est fâcheux. Mais cette institution neuchâteloise recevra une réponse d’ici une semaine», assure-t-il.

Daniel Bugnon, lui, attend toujours un retour, dubitatif et surpris par la nouvelle politique de Coop. Il s’interroge: «Comment comprendre que ce groupe refuse d’aider une institution caritative?» /VGI

 

Migros n’apprécie guère

Tout comme Coop, Migros n’apprécie pas que ses cartes Cumulus profitent à des associations. «Ces cartes sont conçues pour des ménages. Si les gens se mettent à acheter pour quelqu’un d’autre, l’analyse des données n’est plus possible», répond Martina Bosshard, porte-parole de Migros. C’est la raison pour laquelle Migros n’accepte plus de donner des séries de cartes Cumulus à des institutions.

Et pour celles qui, comme le Drop-In, sont encore parvenues à bénéficier de nombreuses cartes pour leurs donateurs dans une période de tolérance? «Pour le moment, nous n’intervenons pas activement auprès de ces organisations.» Les associations pourront donc continuer de profiter de dons bienvenus. Mais pour combien de temps? «Ce qui me surprend, c’est qu’en 2007, nous avons informé les directions de Coop et de Migros de notre démarche», explique le sous-directeur du Drop-In. Un concept d’ailleurs largement médiatisé. Et à ce moment-là, aucun des deux géants orange n’avait émis la moindre réserve. /vgi

Articles publiés dans L'Express, 18.11.2010

 
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Jeu excessif

La Fondation Neuchâtel Addictions s'est vu confier le mandat de "lutte contre la dépendance au jeu pathologique" par le Département de la santé et des affaires sociales. Le programme de traitements du jeu excessif est actuellement offert par la Balise à la Chaux-de-Fonds et le Drop-in à Neuchâtel.

Pour tout renseignement sur le jeu:
032 886 86 86

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