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UNE MALADIE ???


 La " toxicomanie " n'est pas une maladie :
C'est le symptôme d'un       mal-être et d'un mal-vivre avec le plus souvent une pathologie sous-jacente spécifique,       psychiatrique, psychologique et souvent psychosociale. Il s'agit d'en faire le diagnostic afin d'élaborer des stratégies thérapeutiques adéquates.
    Le recours aux produits psychotropes puissants est, dans le cadre des conduites addictives, une tentative "d'automédication".
    Il s'agit d’aider la personne toxicomane à le comprendre. Il faut l'aider à comprendre également (et à accepter) la nécessité et les buts d'un accompagnement et d'un traitement qui seront forcément longs et difficiles vu la complexité du problème à résoudre et la durée de la période pendant laquelle il a existé puis s'est imposé en créant une situation qui n'a fait que l'amplifier.

    La notion du temps nécessaire au traitement est fondamentale et pas forcément acceptable, dans un premier temps, par une personne toxicomane.
    Le deuil de la solution rapide et magique est difficile (pour l'entourage et les parents aussi !)
    Ceci génère souvent des rechutes et des reprises de traitement multiples avant que cette notion ne s'impose et puisse être intériorisée. L'accompagnement et le traitement sans exigence d'abstinence mais tendant à une meilleure gestion de la consommation sont nécessaires pendant ce temps.

    L'abstinence est une notion complexe. Ce n'est pas et ne doit pas être le retour à la situation précédant les conduites addictives : cette situation est caractérisée par la pathologie qui a conduit à la toxicomanie ! 
    L'abstinence marque la possibilité de ne plus s'"auto-médiquer" avec des produits psychotropes puissants et de fonctionner avec "sa propre tête", avec une économie psychique restaurée.
    L'abstinence est aussi un symptôme : celui que le traitement porte ses fruits, qu'une "médication" et une prise en charge adéquates ont pu être trouvées et se poursuivent pour déboucher sur la meilleure compensation possible.
    Les étayages pour que cela puisse durer ne doivent pas être négligés : ils doivent être individualisés et adaptés à la situation de chacun et pouvoir persister dans la durée.
    Tendre vers l'abstinence, avec la définition que l'on vient d'en donner, est un chemin long et difficile, parsemé d'embûches.
    Il est rarissime qu'il puisse s'effectuer de manière linéaire : il est ponctué de rechutes et de retours aux conduites addictives avec le cortège de souffrances et de risques de dommages, voire de mort, que cela implique. Il faut, pour le moins, garder le contact pendant ces périodes.

    L'abstinence ne se prescrit pas, elle se construit lentement ...!
     

Il est important d'entrer en contact le plus tôt possible avec la population des personnes toxicomanes et de pouvoir s'en occuper, quel que soit le stade de leur trajectoire.
Il y a "une continuité naturelle" entre l'aide à la survie, la limitation des dommages, la gestion de la consommation et le traitement qui peut déboucher sur l'abandon de "l'automédication" par l'utilisation de produits psychotropes puissants au profit d'une abstinence signifiant un mieux-être et un mieux-vivre, la "guérison" ou la bonne compensation d'une pathologie.
 
Le travail institutionnel s'est adapté pour faire face à une nécessaire individualisation des approches et des propositions de prise en charge.

De l'approche "de la rue" par l'antenne de proximité  aux services institutionnels du Drop-In, il s'agit de pouvoir intervenir et offrir une aide à toutes les personnes toxicomanes, aide adaptée à tous les moments de leur parcours.

La pratique actuelle du Drop-In de Neuchâtel et de tous ses collaborateurs y tend de plus en plus dans la mesure des moyens qui lui sont octroyés.


Il n'y a plus de traitement "à haut seuil" ou "à bas seuil" . L'individualisation des approches et des services abolit la notion même de "seuil".
 

La collaboration avec tous les intervenants concernés est une nécessité : elle s'élabore principalement dans le cadre du Bureau Exécutif de la Commission Cantonale Drogue mais son application doit se poursuivre sur le terrain.

L'évolution permanente du "Concept pour une politique cantonale neuchâteloise relative aux problèmes liés à la toxicomanie des jeunes", dernièrement par l'intégration du "Concept cantonal pour une politique d'aide à la survie", est la meilleure garantie du maintien de la bonne cohérence de la politique du canton.


Dans le contexte économique difficile que nous vivons, il est aussi important que chacun sache que de nombreuses études démontrent que:

une personne toxicomane prise en charge voit sa situation sanitaire et sociale s'améliorer considérablement, son recours aux pratiques illégales, voire à la criminalité, fortement baisser et  les coûts engendrés par la toxicomanie s'abaissent  drastiquement.

!!!


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