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Les chapitres de la prévention tertiaire des deux rapports d'activité du Drop-In 1997 - 1998 ont largement décrit la méthodologie de la prise en charge centrée sur les patients et le contexte dans lequel elle est conçue. Cette année, nous avons choisi de centrer d'avantage notre propos sur la description des instruments nécessaires à la garantie de la qualité des services offerts aux patients et au maintien de l'esprit et de la cohésion de l'équipe des collaborateurs(trices) qui y est indissociable. Pour être adéquat à cette mission exigeante qui
est la leur, il est très important que chaque collaborateur(trice) puisse
développer harmonieusement et continuellement ses compétences, se sentir
bien dans l’équipe et dans son travail et cultiver son développement
personnel pour le plus grand bien de l’institution et de ses patients. L’activité des cadres est fondamentale et indispensable au fonctionnement institutionnel. La synthèse des travaux du responsable du secteur thérapeutique, de la responsable du secteur de prévention, du responsable du secteur administratif et du médecin-directeur est garante de la cohésion et de la cohérence institutionnelle avec la participation active indispensable d’une équipe de très grande qualité. Nous savons, depuis les origines du Drop-In, après des années d'expérience d'accompagnement et de traitement de personnes toxicomanes, que ce domaine d'intervention médico-psycho-sociale ne peut se concevoir sans un travail d'équipe, par une collaboration étroite entre ses membres, faite de professionnalisme et de convivialité chaleureuse. Les réunions d'équipe, les supervisions
individuelles, la formation professionnelle et personnelle sont les
outils "vitaux" et indispensables au bon fonctionnement et à la
dynamique d'un centre de prévention et de traitement tel que le nôtre. En voici un inventaire : Les colloques Ils sont nombreux et variés et chacun remplit une
fonction particulière; ils se caractérisent par : Colloques avec la présence du médecin-directeur
En début d'après-midi, le médecin-directeur consacre traditionnellement une demi-heure à un(e) collaborateur(trice) à tour de rôle : ce colloque singulier et informel est un moment privilégié d'échanges en tête-à-tête avec la direction. Puis, trois heures sont réservées à des consultations pour des patients. Celles-ci sont préalablement présentées et commentées par le (la) référent(e) ou le (la) collaborateur(trice) qui a reçu une nouvelle personne qui demande un traitement. La soirée, à laquelle la grande majorité de l'équipe participe se poursuit par un « ordre du jour » qui passe en revue les activités des différents secteurs (cf. les différents textes des secteurs) durant une heure : · L'animation socio-éducative C'est l'occasion pour chacun(e) de conserver une vision générale du fonctionnement global et des activités de l'institution, et de participer à la réflexion quant au développement de celles-ci. Une demi-heure environ est encore nécessaire au "retour
des consultations" : une présentation synthétique des consultations
permet à chacun(e) de comprendre les décisions prises et les nouvelles
indications pour la suite du traitement et de la prise en charge. Vient le moment du repas pris en commun. Il est traditionnellement préparé par un(e)
collaborateur(trice) dont les talents culinaires agrémentent ce moment de
convivialité et de détente. Chaque collaborateur(trice) peut ainsi garder une
vision générale de l'évolution de l'ensemble des patients et bénéficier
de l'apport didactique de telles présentations; celles-ci permettent aussi d'éviter
une forme de solitude ou d'isolement du (de la) référent(e) dans les
situations presque toujours lourdes.
En principe, une heure ou plus est réservée au "colloque thérapeutique" auquel participent le médecin-directeur et les deux collaborateurs plus anciens: une des psychologues-psychothérapeutes et le responsable du secteur thérapeutique, qui se chargent généralement des nouvelles admissions de patients. Préalablement à ce colloque, le médecin aura déjà été informé des nouvelles demandes de traitement par téléphone à son cabinet privé et par fax, dans un deuxième temps, fax qui contient des données générales sur la situation de la personne. Des indications d'ordre médical peuvent, déjà à cette occasion, être posées. Des bilans intermédiaires avec les patients et les référents(es) (à trois mois et à six mois) conduits par la psychologue-psychothérapeute ou le responsable du secteur thérapeutique permettent de vérifier la cohérence du traitement mis en place, de le réajuster si nécessaire après discussion avec le médecin-directeur et le(la) référent(e), ou de le maintenir tel quel. Ces bilans font l'objet d'un document qui est remis au médecin-directeur et commenté à l'occasion du "colloque thérapeutique". A raison d'environ une fois par mois, l'équipe des
collaborateurs(trices) qui s'occupent plus particulièrement de l'Antenne
de proximité, le "13 Ouvert" et du jardin potager social
se retrouvent avec le médecin directeur. En alternance, l'équipe et principalement la
personne responsable du secteur de la prévention primaire et secondaire
(le Râteau-Ivre), rencontre le médecin-directeur pour échanger sur la vie
du Bistrot pour adolescents : "Le Râteau-Ivre" les
nouvelles options et la bonne adéquation de cet outil en matière de prévention
primaire et secondaire.
Le travail administratif autour des patients et du fonctionnement institutionnel représente un volume important de tâches qui se sont considérablement développées au cours de ces dernières années. Toutes les démarches administratives (rapports aux tribunaux, caisses-maladies, Service des automobiles, etc) qui concernent les patients sont traitées par le (la) référent(e) sous la supervision du médecin-directeur. L'administration institutionnelle est gérée à
l'occasion de cette matinée par le médecin-directeur en étroite
collaboration avec le collaborateur responsable du "secteur
administratif" et les autres cadres si nécessaire.
En plus des contacts quasi quotidiens avec le médecin-directeur, souvent par téléphone ou fax s’il n’est pas présent dans la « maison », les cadres de l'institution (responsables des secteurs thérapeutique, prévention primaire et secondaire, et administratif) se réunissent avec lui en principe une fois par mois, d'avantage si nécessaire, en dehors des heures d'ouverture habituelles de l'institution si le temps disponible vient à manquer. Tous les thèmes pouvant concerner la vie institutionnelle sont abordés selon la priorité et les besoins du moment. Dans la règle, ce colloque représente l' « organe décisionnel » de l'institution. Il définit les principes et les grandes options sur
les plans thérapeutiques, préventifs, administratifs et réfléchit aux
stratégies socio-politiques en matière de lutte contre la toxicomanie à l'échelle
locale, régionale, cantonale et nationale, ainsi qu’aux projets et
planifications que cela implique.
Au début de la matinée du vendredi, l'équipe se réunit pour un "petit colloque administratif" animé par le responsable du secteur administratif et centré en particulier sur l'organisation des plannings, des présences et des absences de chacun(e), sur des tâches à distribuer et sur le fonctionnement structurel de l'institution. Dans un deuxième temps, une bonne heure animée
par le responsable du secteur thérapeutique est consacrée d'une part à prévoir
et à organiser les consultations médicales du mardi suivant et d'autre part
à échanger sur des situations courantes de patients.
Les autres secteurs, l'Antenne de proximité
"le 13 Ouvert" et la structure de prévention secondaire, le
Râteau-Ivre, se réunissent une fois par semaine pour l'organisation de
leurs activités et la répartition des tâches et des échanges sur la vie
institutionnelle spécifique à chacun.
· Les collaborateurs(trices) qui assument des fonctions de "cadre" restent au jour le jour à la disposition des collègues selon leur besoin. · Malgré son temps partiel dans l'institution, le médecin-directeur est atteignable tous les jours par téléphone , par fax ou par e-mail. · Le responsable du secteur thérapeutique en
particulier propose aux nouveaux(lles) collaborateurs(trices) des moments de
formation "technique" sur les démarches que nous sommes amenés à
exécuter pour des patients et le fonctionnement général du Drop-In.
L'équipe bénéficie de séminaires à l'interne
proposés par la psychologue-psychothérapeute (cf. texte dans le rapport.)
Depuis la création du Drop-In, un répondeur téléphonique donnait des indications en dehors des heures d'ouverture, qui permettaient d'essayer d'atteindre une personne de l'équipe à son numéro privé, en principe pour des urgences. Ce mode de fonctionnement ne permettait pas à l'appelant de joindre à tout moment quelqu'un à coup sûr. Le développement des activités du Drop-In et surtout le nombre croissant des patients et en corollaire des appels téléphoniques nous ont incité à créer un véritable service de piquet. Par tournus hebdomadaire, les membres de l’équipe sont en possession du Natel de l’institution qui leur permet de répondre 24 heures sur 24 et toute l'année. Son numéro d'appel est donné par le répondeur qui s'enclenche en composant le numéro habituel du Drop-In. Le médecin-directeur est atteignable en permanence
toute l’année, même pendant ses vacances en cas de nécessité.
Les horaires de distribution des médicaments et de la méthadone correspondent à peu près (08.30 - 11.45 / 14.30 - 18.30 h) à ceux de l'ouverture du Drop-In (08.30 - 12.00 h / 14.30 - 19.00 h). L'affluence importante des patients dès les premières
heures du matin et de l'après-midi peut parfois être source de tensions et
de conflits que la personne qui distribue, seule, ne peut pas toujours
contenir sans difficultés. Cette décision a été le résultat d'une longue réflexion en équipe sur la compréhension du sens à donner à cette violence qui nous semblait s'accentuer au fil des mois. Une première observation, parmi d'autres, mettait en évidence que l'équipe des référents(es) avait peu à peu "abandonné" cet espace d'accueil et que les accueillis s'en étaient appropriés; de ce fait ils reproduisaient des comportements qui appartiennent à la "zone" devenue davantage violente que par le passé. Notre retour à la salle d'accueil nous a permis de nous réapproprier cet espace, de refixer les limites, de rappeler les règles et, par là-même, d'apaiser les tensions et de désamorcer les conflits potentiels. Avec le temps, le message a passé et nous avons pu
progressivement limiter notre présence effective à deux heures par jour, au
moment de forte affluence, c'est-à-dire au début des matinées et des après-midis.
Chaque collaborateur(trice) bénéficie d'une supervision individuelle hebdomadaire. Elle est un outil de travail et de compréhension indispensable dans "l'histoire de la relation" entre un patient et un(e) référent(e) (cf. rapport d'activité 1998, page 51). Elle fait l'objet d'un concept établi depuis 1994, qui prévoit : Au cours de la première année de son engagement au Drop-In, le(la) nouveau(elle) collaborateur(trice) est supervisé(e) par Irène Porchet, psychologue-psychothérapeute qui est à l'origine de la création de l'institution. Il s’agit d’une "supervision propédeutique" : il faut apprivoiser la philosophie générale du Drop-In et apprendre ce qu'est une "relation thérapeutique" avec une personne présentant des troubles liés à la toxicomanie. Dès la deuxième année, s'ouvre la possibilité de maintenir la supervision chez Irène Porchet à quinzaine, en alternance avec un(e) superviseur(se) extérieur(e) agréé(e) par le Drop-In. Dès la troisième année, la supervision peut se dérouler intégralement "à l'extérieur", après une évaluation et une décision individualisées ou se poursuivre comme auparavant selon le choix du/de la collaborateur(trice). Les frais de supervision sont pris en charge par l'institution. Les deux collaboratrices qui assument l'accueil des
patients et la distribution de la médication bénéficient du soutien du
responsable du secteur thérapeutique à l'occasion d'entretiens individuels
et de groupe.
A deux ou trois reprises, dans l'année, une
"journée de réflexion" est organisée pour toute l'équipe. Elle est composée généralement de deux temps : La matinée est consacrée à des thèmes centrés sur le fonctionnement de l'institution, sur les options thérapeutiques ou socio-éducatives. L'après-midi, après un repas pris en commun, est en principe réservé à un débat d'idées autour d'un thème introduit et préparé par un(e) collaborateur(trice) qui traitera par exemple de politique sociale et de stratégie en matière de lutte contre les effets de la toxicomanie et des positions adoptées par l'institution sur la base d'un consensus de l'équipe ou d'un thème à caractère formatif qui permet de maintenir à jour nos connaissances dans le domaine.
Tous les trois mois, l'équipe se réunit une matinée où seront traitées en priorité des questions liées au fonctionnement et à l'organisation de l'institution, aux rôles et aux fonctions de chacun(e). Des points qui n'ont pas pu être développés, par exemple le mardi soir ou lors d'autres colloques, peuvent être repris à cette occasion.
Nous disposons d'un outil qui s'est professionnalisé
ces dernières années.
La formation continue est vivement encouragée, sinon obligatoire ! Individuellement ou en groupe, nous fréquentons régulièrement, selon nos disponibilités, ces lieux de perfectionnement qui remplissent entre autres fonctions : · l'acquisition de nouvelles connaissances qui alimentent notre réflexion et notre méthodologie de travail, · des rencontres et des échanges avec des professionnels d'autres institutions, · la découverte de nouvelles idées et de
nouveaux projets susceptibles d'être repris et adaptés à notre
institution. (cf. pour exemples : chapitre : "formation continue").
Parallèlement au perfectionnement professionnel, la
formation à titre personnel, est soutenue (par exemple un collaborateur
termine actuellement une formation en "thérapie systémique") par
le Drop-In. Le "travail sur soi", sous forme de psychothérapie, psychanalyse ou autre, est encouragé. Le financement est à la charge de la personne, mais des facilités en temps peuvent être discutées.
La distribution Nous avons parlé en 1998 de la professionnalisation de la distribution quotidienne de méthadone et de médicaments. Horaire Distribution de la méthadone
C'est être accueilli personnellement et avoir la
possibilité de consommer une boisson chaude, de s'arrêter un moment, de lire
les journaux et de discuter. La salle d'accueil est le miroir de l'humeur dans la
zone. Etre distributrice C'est être présente au quotidien dans la vie d'une
personne toxico-dépendante. Nous sommes le lien entre le patient et son référent. La salle d'accueil est un lieu de rencontre
favorisant les discussions interpersonnelles et informelles qui peuvent amener
à la formation de projets. Notre rôle de médiatrice permet ainsi le lien
entre les différents secteurs de l'institution. Le Secrétariat
Le secrétariat, est la porte d'entrée de
l'institution : porte ouverte à chacun(e) et parfois difficile à ouvrir
pour poser une question, se renseigner, dire son mal-être, etc.; il est le
premier contact physique avec l'institution. Ensuite intervient le rôle de "filtre" du secrétariat : il s'agit d'atteindre le responsable thérapeutique ou un autre cadre ou un collègue, dans une situation d'urgence. Il est important de garder le recul nécessaire face à son interlocuteur, d'adopter une attitude différente suivant la situation, ( angoisse, peur, excitation, panique), d'évaluer l'urgence de la demande. C'est aussi le lieu de passage d'écoliers, d'étudiants qui viennent chercher des "infos" pour un exposé par exemple (demande pouvant également être parfois une demande camouflée). Le téléphone joue aussi souvent ce rôle. En plus de cet aspect relationnel, social, des plus riches et variés, il y a le travail administratif : ouverture du dossier, son suivi, le contact avec les assurances, le laboratoire, la correspondance avec tous les intervenants, et autres services sociaux, juridiques, etc. Ce lieu de passage en perpétuel mouvement peut voir défiler jusqu'à 150 personnes par jour. Il s'agit aussi de répondre jusqu'à environ 40 ou 50 appels téléphoniques, tout appel confondu et d'être disponible pour tous les collaborateurs. Ce lieu de passage, tout comme la salle d'accueil est le thermomètre de l'institution.
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