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| RATEAU 2001
Le Râteau-Ivre est une structure spécifique du Drop-in de Neuchâtel
destinée à accueillir depuis 1989 une population de jeunes entre 12 et 18
ans. Il est tenu par des travailleurs sociaux du Drop-in et est ouvert
de 15h30 à 18h30 du mardi au vendredi. Depuis son ouverture, la "loi" appliquée au Râteau-Ivre
est : pas d’alcool, pas de
drogue, pas de violence. Elle permet à la population des 12-18 ans, dès
le moment des premières sorties, de faire l’apprentissage de la convivialité
dans de bonnes conditions. Cette
structure a une vocation principalement de prévention primaire (information)
et secondaire (plus spécifiquement destinée aux jeunes "à
risques"). La
prévention au Râteau-Ivre Le fonctionnement du Râteau
n’a pas changé en 2001. Il est assuré
par un professionnel du Drop-in secondé
d’un auxiliaire, étudiant universitaire. Nous avons pu maintenir les
prestations offertes en 2000 et fidéliser la clientèle malgré des moyens en
personnel toujours restreints. Les
quatre après-midi d’ouverture que nous avons pu maintenir constituent
un minimum pour que la prévention au Râteau ne perde pas tout son sens, sa crédibilité et son efficacité.
Internet
Le projet des pages
personnelles ébauché en 2000 n’a malheureusement pas encore pris son
essor en raison de différents facteurs. Le manque
de disponibilité des travailleurs
sociaux pour "coacher" les adolescents a été un des obstacles à la réalisation de ces pages. Nous nous
sommes également rendus compte qu’il nous fallait approfondir nos connaissances informatiques
afin que ce projet se concrétise. D’autre part, l’existence des pages
"profil" personnel sur des sites de "chat" a permis de
différer cet objectif. Nous avons pu constater que l’engouement
pour les "chats" a sensiblement diminué. Les adolescents ont préféré
visiter des sites de musique, de
mode et de sonneries pour natel. Ils ont parfois effectué des recherches sur
leurs pays et leur culture d’origine. Ces visites offrent donc une multitude de possibilités aux travailleurs
sociaux pour entrer en contact et développer des discussions très
constructives avec les jeunes. Quelques
activités particulières en 2001 Les insuffisantes disponibilités des travailleurs sociaux
n’ont pas permis de développer les prestations nécessaires au travail avec
des groupes d’adolescents constitués. Dans ce contexte, c’est l’accompagnement
individuel d’adolescents présentant des problématiques
personnelles parfois complexes qui a été prioritaire. Deux exemples illustrent
plus concrètement cette prestation. Pour le premier, il s’agit d’une jeune fille de 15 ans en difficulté scolaire. Ses résultats ne sont pas très bons et surtout elle est en situation conflictuelle avec ses professeurs. Nous apprenons au fil de nos discussions qu’elle est agitée en classe, provoque, répond aux adultes de façon agressive. Langage grossier et agressivité sont aussi très présents dans ses échanges avec ses pairs. Après quelque temps, nous profitons du lien créé pour lui proposer de travailler au bar. Ce rapprochement et ce nouveau statut lui permettent d’adopter progressivement d’autres modes de comportement : elle se montre moins agressive et plus respectueuse. Parallèlement, nous lui avons offert un soutien scolaire. Afin qu’elle puisse travailler au Râteau, nous avons dû téléphoner
à ses parents. Ce contact avec la mère
a créé la possibilité de lui expliquer nos actions et a permis une collaboration
pour soutenir au mieux sa fille. La seconde adolescente est âgée de 14 ans. Elle semble bien s’investir à l’école, a de bons résultats scolaires et ne rencontre pas de difficultés d’adaptation dans sa classe. Son arrivée en Suisse, chez sa mère et son beau-père date de 18 mois. Elle est souriante, lie très facilement le dialogue. Elle nous demande de travailler au Râteau pour avoir un peu d’argent de poche. Petit à petit, elle nous décrit une situation familiale tendue. Ses parents se sont séparés. La mère semble débordée et les conflits avec sa fille se multiplient, pour en arriver à un état de tension permanente. La confiance s’installant, cette jeune fille nous confiera sa séropositivité au H.I.V. Lorsque la mère appelle
pour interrompre le travail de sa fille,
c’est l’occasion de lui proposer
une écoute. Elle est dépassée par la situation, tiraillée par deux modèles éducatifs, celui de son pays d’origine et celui de la Suisse. De plus, elle est angoissée par des problèmes de santé et financiers. Trop préoccupée par sa propre histoire, elle comprend mal la
souffrance de sa fille. Devant ce constat inquiétant, avec l’accord de l’adolescente, nous contactons le réseau : · un professeur avec qui elle a discuté · l’Office des mineurs (il est déjà intervenu par le passé pour des bagarres avec le beau-père) · l’hôpital où elle est suivie ·
l’Office médico-pédagogique où elle est allée quelques
fois. Finalement, un placement institutionnel sera décidé par l’Autorité tutélaire. Ces deux exemples montrent la nécessité de développer un contact plus régulier avec
les parents, un membre du réseau
ou la totalité des acteurs dans le but d’évaluer
une situation et de proposer un soutien
adéquat en accord avec les différents partenaires. Travail au bar
Les professionnels ont exploité davantage les ressources
offertes par le travail au bar. Ils ont utilisé ce biais pour : · créer des liens avec certains adolescents perturbateurs · entrer en contact avec des jeunes introvertis ·
approfondir
leurs rapports avec les adolescents désireux de contacts personnalisés. Les effets de ce type
d’investissement furent positifs.
Ce fut un moyen pour les adolescents de prendre des repères, de
s’approprier le lieu, de se montrer sous un autre jour, de s’intégrer
dans le groupe. Les tâches inhérentes à leur fonction amenèrent les jeunes à
faire l’apprentissage du respect
des "clients" et des consignes
données par les travailleurs sociaux. Etre
à l’heure, avoir une conduite adéquate
derrière le bar sont autant d’obligations et de challenges qui peuvent s’avérer difficiles à satisfaire. Souvent cette expérience a permis aux adolescents de s’ouvrir,
de se découvrir des compétences
"professionnelles" et sociales. Le travail au bar peut
s’avérer un excellent moyen de valorisation personnelle et permet le développement
de la confiance en soi et l’amélioration de l’estime de soi. Aide
aux d
Cette prestation est toujours proposée ponctuellement. Les adolescents utilisent volontiers ce moyen leur permettant de renforcer leurs liens avec les professionnels. Pour profiter au mieux de ces moments privilégiés, il serait souhaitable de disposer d’un lieu calme à l’écart de l’agitation et du bruit (musique, jeux, discussions, etc.). L’idéal serait que les collaborateurs puissent disposer de
suffisamment de temps pour assurer le soutien scolaire en dehors des heures
d’ouverture officielles du Râteau-Ivre. En 2001, l’équipe du Râteau-Ivre a assuré la qualité des prestations qu’elle offre et n’a pas eu l’opportunité d’en développer de nouvelles. Les conditions de travail de l’année écoulée devraient rester exceptionnelles et transitoires, sachant que la pérennité, la pertinence et la crédibilité du concept en dépendent. |
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