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LA SCENE 1999...



Depuis quelques années déjà, nous assistons à une explosion de l’offre et de la consommation de cocaïne. Ce que nous pouvions craindre l’année dernière s’est dramatiquement renforcé en 1999 : la cocaïne fait de foudroyants ravages. Un autre constat relatif à la scène est celui d’une recrudescence de la violence. Ce phénomène, d’ailleurs, n’est pas étranger à celui de l’augmentation de la consommation de cocaïne. Enfin, ce rapide tour d’horizon de la « zone neuchâteloise » ne saurait faire l’économie d’évoquer la question des chiens. De plus en plus nombreux sont les « marginaux »,  toxico-dépendants ou non, qui décident d’avoir un chien. Cette réalité n’est pas sans poser de nombreuses questions.
 

La cocaïne

La consommation de cocaïne en Europe - et plus précisément dans la région neuchâteloise - n’est pas un phénomène nouveau. Cependant l’extension de cette consommation, intimement liée à une offre qui continue de s’accroître, devient de plus en plus dramatique et ne cesse de s’amplifier. 

 Nous l’avions souligné l’année passée, il n’est hélas par rare de constater que certains de nos patients, pourtant stabilisés depuis plusieurs mois, entrent dans des phases  de consommations de cocaïne sur un mode extrêmement compulsif. La consommation de la cocaïne se distingue essentiellement de celle de l’héroïne par son irrégularité et ses hautes fréquences. Alors que l’injecteur d’héroïne se « shoote » trois ou quatre fois par jour, le cocaïnomane peut se faire jusqu'à 15 voire 20 injections quotidiennes ! La quantité consommée, le prix de cette substance euphorisante et, surtout, l’état psychique des consommateurs provoquent des désastres tels que : 
· des situations financières, déjà précaires, se détériorent encore plus
· les délits liés à la consommation de produits stupéfiants augmentent
· la séropositivité, en baisse depuis près de 10 ans dans les milieux toxicomanes, a connu une augmentation depuis l’arrivée massive de la cocaïne
· des décompensations psychiatriques
 

La recrudescence de la violence

L’arrivée massive de la cocaïne sur le marché des stupéfiants n’est sans doute pas étrangère à la recrudescence de la violence dans la zone. 
On l’observe, une consommation compulsive de « coke » entraîne une agitation qui peut devenir paroxystique. De plus cette agitation s’accompagne souvent d’idées délirantes, de sentiments de persécution et de comportements agressifs.

 Si la violence a toujours été une problématique récurrente en matière d’intervention en toxicomanie, elle impose son actualité avec encore plus de force aujourd’hui. Dans les structures du Drop-in - salle d’accueil et Antenne de proximité en particulier - des mesures ont dû être prises pour tenter de l’endiguer.

Le Drop-in prend des mesures

Suite à une période caractérisée par un regain de tension à la salle d’accueil du Drop-in, nous avons été amenés à intensifier notre présence dans ce lieu. Cette mesure, nous nous en réjouissons, a contribué à redonner à l’accueil le statut qui doit être le sien, à savoir un lieu sécurisant,  sans violence, sans trafic et sans conversations relatives aux produits psychotropes.

 De même le thème de la violence a été largement abordé dans le cadre des entretiens individuels avec les patients. Avec plusieurs d’entre eux, un travail considérable a été effectué sur leur impulsivité et sur les conséquences néfastes des passages à l’acte. D’autres moyens d’expression, socialement admissibles ceux-ci, ont été au centre des échanges entre les référent et certains patients.

 Il est certain qu’il paraît difficile d’évaluer la portée réelle du travail effectué sur la violence. Toutefois, nous pensons qu’il est légitime d’admettre que l’effort des collaborateurs du Drop-in n’a pas été vain. En effet plusieurs patients dont l’histoire personnelle est profondément marquée par la violence (subie et agie) semblent être parvenus à intérioriser des attitudes et des comportements ne s’appuyant pas sur la seule expression de la violence,  qu’elle soit verbale ou agie. 
 

Ces chiens qui « envahissent » la zone...

Une autre réalité de la zone est le nombre croissant de chiens. Aux abords des lieux de zone, il n’est pas rare d’observer des scènes ahurissantes de chiens « jouissant » d’une liberté sans limite ou, au contraire et au gré de l’humeur de leur maître, se voient infliger des mauvais traitements sans motif apparent. Une analyse superficielle de cette situation pourrait aisément inciter à tirer la sonnette d’alarme. Les chiens, qui ont pour fonction essentielle de combler un manque affectif, sont considérés comme des objets dont les besoins spécifiques ne sont que difficilement différenciés des affects de leurs maîtres. 

 A n’en pas douter, ce tableau pessimiste doit être nuancé, voire corrigé. Car pour beaucoup,     « avoir un chien » recèle d’inestimables potentialités thérapeutiques et éducatives. Le fait de s’occuper d’un être vivant n’est jamais anodin. Si « avoir un chien » permet de briser une solitude qui peut être ressentie comme extrêmement pesante, cela implique également (et surtout) des responsabilités auxquelles le maître ne peut pas se dérober. Lorsque celles-ci sont assumées, le sentiment d’estime de soi ne peut être que renforcé. Lorsqu’elles ne peuvent pas l’être, nous sommes d’avis qu’il est judicieux de soutenir la personne ; l’enjeu en vaut la chandelle. Dans cette logique, le Drop-in a pris la décision de mettre sur pieds un groupe destiné aux maîtres de chiens. Il y sera notamment discuté des nuisances sociales que peuvent provoquer des animaux mal dressés, ainsi que des comportements adéquats à adopter vis-à-vis du meilleur ami de l’homme.


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