e-mail :info@drop-in.ch
|
|
L’avènement de l’amphétamine thaïe Nous l’avons mentionné dans notre précédent
rapport, l’année dernière a notamment été marquée par l’arrivée en
traitement de personnes dont une consommation abusive d’amphétamines
dites thaïes posait divers problèmes à différents niveaux - décompensation
sur un mode dépressif, passages à l’acte violents ou démêlés avec la
justice. Cette tendance s’est confirmée cette année malgré, semble-t-il,
une diminution quant à l’approvisionnement et le prix plus coûteux de ce
produit euphorisant.
La
résurgence de la cocaïne Les cinq ou six dernières années 2001 ont coïncidé
avec l’augmentation de la consommation
massive et compulsive de cocaïne. Bien que les précédents rapport font la
part bel à ce phénomène préoccupant, l’actualité de la scène nous incite
à y revenir brièvement. Après quelques mois d’une relative accalmie, nous
notons une résurgence de la cocaïne dans la zone.
Le H.I.V. à
nouveau en hausse ! La résurgence de la cocaïne est d’autant plus
inquiétante que le mode de consommation
compulsive par voix intraveineuse - jusqu'à vingt injections quotidiennes par
jour ! -, selon de nombreux spécialistes, n’est pas étrangère à l’augmentation
des cas décelés de contamination au H.I.V.. La fréquence des
consommations, l’état d’euphorie et de toute-puissance qu’induit ce
produit et, partant, le manque d’hygiène d’injection favorisent également la
transmission du virus de l’hépatite C. Autres problématiques : péjoration de la situation sociale, délits
et décompensations. Sur les plans social et juridique, il est à signaler
que la quantité consommée et le prix toujours élevé de la cocaïne tend à péjorer
des situations déjà précaires que vivent certains de nos patients. Par
ailleurs de nombreux délits - violences, cambriolages, vols à l’étalage,
trafic, etc. - sont très fréquemment intimement liés au cercle vicieux de la
cocaïne. Enfin, il est à rappeler que ce produit stimulant hautement toxique
favorise les décompensations psychiatriques. Trop souvent, une stabilité
acquise de haute lutte par nos patients tend à s’étioler au terme de phases
de consommation compulsive de ce produit.
Et
l’héroïne ? A notre avis, la résurgence de la cocaïne n’est
pas étrangère à deux phénomènes liés à l’offre de l’héroïne sur le
marché de la drogue. Qualité en baisse Le premier est, d’après de nombreux témoignages, la
baisse de la « qualité » de l’héroïne dont les doses
vendues en contiennent proportionnellement très peu. Autrement dit, les
produits de coupe, souvent extrêmement nuisibles par ailleurs, représentent la
quasi intégralité du « paquet ». On
peut penser que la déception relative à l’effet presque nul ressenti lors de
consommations d’héroïne a incité plusieurs personnes toxico-dépendantes à
se rabattre sur d’autres substances psychoactives comme la cocaïne, l’amphétamine
thaïe ou encore certains médicaments (benzodiazépines notamment) vendus au
marché noir. Toutefois, il s’agit d’être prudent et de
relativiser quelque peu les témoignages selon lesquels l’héroïne actuelle
« produit moins d’effet ». S’il paraît vraisemblable, pour des
raisons économiques évidentes, que l’héroïne soit de plus en plus coupée,
il faut relever que l’une des propriétés de la méthadone est d’atténuer
les effets psycholeptiques des produits à base d’opiacés. De plus le
souvenir des premiers « flashs » demeure tellement prégnant que le
sentiment de jouissance intense ressenti lors de consommations ultérieures - et
qui plus est lorsque l’organisme est « couvert » par la
substitution à la méthadone - paraît presque fade. Diminution
de l’offre Le second phénomène consiste en la diminution de l’offre de l’héroïne durant certaines périodes.
Les difficultés logistiques liées à l’approvisionnement et, bien entendu,
le travail de répression de la police sont probablement à l’origine de ce phénomène.
Des épisodes de « guerre des clans » mafieux luttant pour le contrôle
du marché de la drogue en rendent également compte. A nouveau, la difficulté
de trouver de l’héroïne dans la rue favorise l’éclosion d’autres marchés.
Cannabis :
dépenalisation et banalisation Si les débats actuels relatifs à la dépenalisation
nous réjouissent, nous avions, l’année passée, émis quelques réserves.
Pour bon nombre des personnes que nous suivons, le
pas entre dépenalisation et banalisation est rapidement franchi ! Car le
cannabis, malgré la propagation de certains mythes relatifs à son caractère
inoffensif, n’est pas sans danger, notamment pour les personnalités fragiles de type
borderline ou psychotique ainsi que pour certains adolescents vivant une
situation de crise. L’automédication au cannabis est un phénomène courant
auquel nous sommes confrontés quotidiennement. Il est à soulever que notre
pratique d’information et de prévention concernant ce produit tend à être
rendue plus ardue par une tendance accrue à la banalisation.
|
| prévention primaire | |
| prévention secondaire | |
| prévention tertiaire (secteur de soins). | |
| Aide à la survie | |
| Retour à la page d'accueil |