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PATHOLOGIES SOCIALES .

Les pathologies sociales sont l'une des composantes du mal-être, du mal-vivre de la personne toxicomane et se manifestent dans le quotidien par des manques et des vides dans l'organisation de la réalité sociale.

La précarité de l'emploi, les difficultés liées au logement, une réelle solitude et souvent les procédures judiciaires en cours sont des obstacles qu'il faudra nécessairement franchir pour construire une forme de réinsertion sociale satisfaisante et peut-être même voir évoluer une situation vers moins de souffrance.
 

La précarité de l'emploi

Ces quelques chiffres sont significatifs :

· 81 %  n'ont pas d'emploi fixe
· 17 %  ont un emploi fixe
·  2 %  sont en formation dans un cursus "normal" ou avec l'aide de l'Assurance-
            invalidité.

Source du revenu de la catégorie des 81 % qui n'ont pas d'emploi fixe :

· 53 %  bénéficient de l'aide financière des Services sociaux
· 15 %  ont un travail temporaire
· 16 %  bénéficient des indemnités de l'Assurance Chômage
· 11 %  reçoivent une rente AI
· 3 %  perçoivent des indemnités pour perte de gain d'assurances-maladies ou
          accidents
· 1 %  vit de prostitution
· 1 %  vit sans ressource connue.

L'aide directe de l'Action sociale intervient pour plus de la moitié de nos patients : ceux-ci, pour la plupart, ont épuisé leur droit à des prestations du chômage et n'ont pas réussi à se réinsérer, ou alors ils n'ont pas rempli les conditions donnant droit à des prestations.
Il faut aussi relever que le taux de chômage est largement supérieur à la moyenne Suisse ; le même constat peut être fait pour le travail temporaire.

Comme décrit ailleurs dans notre rapport, la collaboration et le travail en réseau sont de rigueur si nous voulons proposer à nos patients une insertion sociale minimale.
Nous avons pris l'habitude de collaborer avec les Services sociaux des communes pour gérer des contrats ISP (Insertion Socio-Professionnelle) dans le cadre d'une occupation au "13 Ouvert" et au Jardin potager social.

En 1999, 22 contrats, pour 11 personnes, ont pu être réalisés.

Il est vraisemblable que ces chiffres augmenteront de façon très sensible en 2000, sachant que l'année précédente a été celle du lancement de ce nouveau type d'activité.
Nous collaborons aussi avec les Offices Régionaux de Placement (ORP) pour les chômeurs, avec lesquels des modalités de travail en réseau ont pu être développées.

Quelques patients ont été soutenus dans leurs démarches auprès de l'Assurance-Invalidité (AI) soit pour une demande de rente, soit pour des mesures de réadaptation professionnelle.
 

Difficultés liées au logement

En règle générale, tous nos patients ont un toit où passer la nuit et le plus souvent y vivre.
Mais il arrive couramment, surtout chez des personnes vivant en cohabition, que les relations se détériorent et que les conflits aboutissent à une mise à la rue de l'un ou l'autre.

Il s'agit là d'urgences, par exemple, pour lesquelles nous sommes sollicités et que nous traitons en principe en partenariat avec les Services sociaux, les tuteurs, les curateurs ou d'autres instances.

Une brève statistique établie à la fin décembre 1999 donne un aperçu de l'endroit où logent nos patients :

· 44 %  vivent en couple dans un appartement
· 37 %  vivent seuls en appartement
· 10 %  habitent chez leur(s) parent(s) ou chez de la proche parenté
·   4 %  dans un foyer d'accueil temporaire
·   2 %  chez des amis
·   1 %  dans un hôpital psychiatrique
·   1 %  dans un home
·   1 %  à l'hôtel
 
 

La solitude

Cette rubrique ne comporte pas de chiffre !
La solitude et le sentiment de solitude ne sont pas quantifiables ...
Nous observons chez la plus grande partie de nos patients, des énormes difficultés à s'inscrire dans des activités sociales à caractère sportif, culturel, ludique ou "clubiste". La peur d'être jugés, les sentiments de honte et de culpabilité, les risques de se sentir rejetés ou de se voir exclus sont autant de réticences à « faire le pas », même si le désir de créer de nouveaux liens relationnels "en dehors de la drogue" est  puissamment exprimé.
Notre travail de soutien des personnes toxicomanes doit tendre à permettre d'éviter cette forme d'enfermement et d'isolement par des interventions concrètes, en les accompagnant "physiquement" dans leurs tentatives d'aller à la rencontre des autres.
 
 

Les procédures judiciaires

Les corollaires des pathologies liées à la toxicomanie impliquent des actes définis comme répréhensibles par la Loi (achat, détention et consommation de produits stupéfiants).

Le tiers environ de nos patients a d'une façon ou d'une autre des comptes à rendre à la justice... 

· 14 %  ont vu une procédure judiciaire en cours au Tribunal de Police suspendue au
             profit d'un traitement
· 11 %   bénéficient d'une suspension de peine au profit d'un traitement ambulatoire (art.
             44 CPS)
·  5 %   ont été incarcérés.
·  2 %   sont sortis de la prison préventive avec des règles de conduite qui fixaient, 
            entre autre, l'obligation de suivre un traitement
·  1 %   a exécuté sa peine en semi-détention
·  1 %   bénéficiait de la liberté conditionnelle
 

Nos interventions  dans le domaine de la Justice sont nombreuses et donnent lieu notamment à quantité de rapports écrits déposés aux tribunaux pour des patients en cours de traitement ou destinés à des avocats dont ils assurent la défense.

Une excellente et agréable communication s'est mise en place avec le Service de l'exécution des peines dès l'automne 1999 : nous acceptons, dans certains cas, de proposer un travail au "13 Ouvert" ou au jardin potager social pour les personnes  qui voient leur peine d'emprisonnement convertie en travail d'intérêt général (TIG) (cf. chapitre "Aide à la Survie").
 


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