e-mail :info@drop-in.ch
|
|
Milieu stationnaire..
Traitements ambulatoires ou traitements
stationnaires
Jusqu'à tout récemment les indications à un traitement ambulatoire ou à un traitement stationnaire, en milieu fermé, semblaient s'opposer. Dans l'idéal, l'ambulatoire était destiné à des personnes toxicomanes encore suffisamment structurées pour gérer leur vie et pour pouvoir "progresser" sans trop de dommages dans la réalité extérieure. En fait, en plus de cette catégorie de patients bien précise, l'ambulatoire doit s'occuper de tout ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas bénéficier de soins stationnaires. Les soins stationnaires permettent une prise en charge 24 heures sur 24, une "mise à l'abri" des patients les plus déstructurés, le temps d'un réapprentissage : tout d'abord les fonctions vitales les plus élémentaires pour déboucher sur une autonomisation progressive. Pour ce faire, il était la plupart du temps nécessaire d'organiser des programmes longs, divisés en plusieurs phases selon les progrès effectués par la personne toxicomane dans son chemin vers plus d'autonomie. La plupart du temps les institutions stationnaires se dotaient de programmes destinés à conduire le patient de l'addiction la plus compulsive à une autonomie la meilleure possible. Ces temps semblent révolus. Comme nous avons pu le constater ces dernières années, le secteur ambulatoire a beaucoup bougé pour s'adapter à la meilleure connaissance que nous avons des problèmes liés au phénomène de la toxicomanie chez les jeunes. Le secteur stationnaire a également évolué pour les mêmes raisons. Quelques institutions ont compris la complexité de la notion d'abstinence au point d'accepter, dans certaines situations, des patients sous substitution à la méthadone et sous médication psychiatrique. Nous l'avons vu, il y a une continuité naturelle entre la prévention, l'aide à la survie, la gestion de la consommation et les thérapeutiques visant progressivement à construire une abstinence qui est le symptôme d'un mieux-aller, le symptôme que l'automédication par l'usage de stupéfiants a pu être abandonnée au profit d'une vraie médication, généralement médico-psycho-sociale, qui a démontré être plus adéquate. Nous commençons tous à comprendre que ce qui doit être déterminant ce n'est pas le "programme thérapeutique" mais bien la trajectoire et les caractéristiques de la personne toxicomane. Dans le cadre de cette trajectoire, en fonction des événements et de son évolution, dans l'idéal une personne toxicomane bénéficiera d'un traitement ambulatoire ponctué de traitements stationnaires plus ou moins longs en fonction des crises et des décompensations, mais aussi des bénéfices que l'on peut attendre de chacune des méthodes. Ainsi sera enfin réalisée la fameuse "chaîne thérapeutique" dont on parle depuis de nombreuses années et qui n'a jamais vraiment existé dans la réalité. Cette "chaîne thérapeutique" ne peut effectivement se réaliser que dans la collaboration la meilleure possible entre les secteurs ambulatoires et les secteurs stationnaires. Cela exige une meilleure connaissance des méthodologies réciproques, la prise en compte de ce qui s'est passé en "amont" et de ce qui va se passer en "aval" de la prise en charge indiquée, avec une collaboration "transparente" entre les différents secteurs qui devraient pouvoir intervenir ensemble et garder le contact tout au long de la trajectoire d'une personne toxicomane. Une collaboration entre les cantons de Berne, du Jura et de Neuchâtel a permis la mise au point du projet PER (Projet Expérimental Résidentiel). Cette structure doit pouvoir accueillir à court ou à moyen terme, à "la carte", des personnes toxicomanes en fonction d'un moment particulier de leur trajectoire. L'indication aux soins stationnaires sera prise en collaboration avec les référents de l'ambulatoire qui pourront continuer leur relation pendant le séjour résidentiel. A la sortie, les personnes-ressources de l'institution résidentielle continueront à collaborer aussi longtemps que nécessaire avec le secteur ambulatoire. Ainsi sera réalisée une véritable "chaîne thérapeutique" sans hiérarchie des méthodologies et réellement au service des personnes toxicomanes sur l'intérêt desquelles elle sera centrée. Le pronostic des patients s'en trouvera grandement amélioré avec les implications que cela peut avoir sur leur qualité de vie et par ricochet sur leur "coût social" dans l'acceptation large du terme. Pontareuse, donc la Fondation "Le Goéland", a élaboré un concept dans ce sens. Il doit encore être financé et la collaboration avec le Jura et Berne "finalisée" avant qu'il puisse voir le jour... Les institutions de soins stationnaires "purs" voient le nombre de
leurs patients constamment diminuer, elles constatent à leur tour
qu'en dehors d'une collaboration fructueuse avec l'ambulatoire dans le
sens d'une réelle "chaîne thérapeutique", leur existence-même
pourrait être mise en cause.
|
| prévention primaire | |
| prévention secondaire | |
| prévention tertiaire (secteur de soins et aide à la survie) | |
| Retour à la page d'accueil |