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Systémique, réseaux et collaborations : L'émergence de symptômes toxicomaniaques semble désigner une pathologie du psychisme de la personne cachant d'autres maux souvent antérieurs. Un peu comme le patient désigné dans une famille est l'émergence de dysfonctionnements relationnels tant dans la génération actuelle que dans les générations antérieures. Une histoire familiale est bien souvent émaillée de secrets, de deuils, mal ou non faits, de non-dits sur lesquels des mythes s'élaborent. Ceux-ci en se rigidifiant peuvent imposer des rôles de moins en moins changeants. Prenons par exemple le mythe souvent présent de l'enfant obéissant: éternellement enfant et dépendant, il peut, s'il n'évolue pas, se rigidifier dans la règle que rien ne doit changer dans la relation parents-enfants. La dépendance comme symptôme de la personne toxicomane, peut être une réponse à cette règle et un mode d'intégration du mythe (rester dépendant et mobiliser ses parents). Au fil du temps la dépendance reste, mais les liens s'étiolent, cassent. Les liens "verticaux" filiatifs et familiaux tissent avec les liens "horizontaux" affiliatifs et sociaux un "maillage" selon le professeur Benghozi, qui fonctionne comme un filet. Il évoque la notion de contenabilité de l'appareil psychique, un peu comme les notions de "pare- excitation" chez Freud ou de "moi-peau" chez Anzieu qui peuvent à d'autres niveaux servir de contenant. La pathologie du lien dont semblent souffrir beaucoup de personnes toxicomanes correspondrait selon le modèle de Benghozi à une pathologie du contenant, une pathologie du "maillage", comme quand une maille file et que le chandail se détricote. Nous faisons le pari qu'un "re-maillage" peut permettre de combler certains trous. Si avec les entretiens de famille nous pouvons travailler sur le plan "vertical" filiatif, avec les entretiens de réseau nous touchons au plan "horizontal" affiliatif. Ce "re-maillage" a pour but de renforcer la qualité du contenant, la qualité du filet. C'est dans ce sens que nous entretenons et développons, dans la mesure de nos moyens, des contacts avec les différents acteurs pouvant jouer un rôle dans les relations de nos patients et de notre institution. Ici aussi nous proposons à nos patients d'inviter toute personne significative à participer à son traitement. En parallèle nous renforçons les contacts avec les professionnels d'autres services. C'est ainsi que nous collaborons dès le début de la prise en charge (sous réserve que le patient nous y autorise en nous déliant du secret médical) avec les Services sociaux, le Patronage, le médecin traitant afin, dans un premier temps, de clarifier les rôles respectifs. Puis dès que possible nous organisons des réunions de réseau. Nous l'élargissons en fonction de l'évolution de la situation. Le réseau psycho-social est mobilisé : les Services
Sociaux, le Patronage, la Guidance infantile, le Service des Mineurs et
des Tutelles, les Crèches. Le réseau sanitaire: médecins
traitants, hôpitaux, pharmacies. Le réseau civil : home, foyer,
patron ou chef de service, avocat, justice.
Par ailleurs nous développons les rencontres entre professionnels, que ce soit à l'occasion d'un réseau pour faire connaissance avec un collègue d'une autre institution ou plus formellement en étant invités ou en invitant une autre institution ou service. Mieux se connaître, mieux définir les rôles respectifs, mieux se différencier pour mieux aider les personnes toxicomanes dans leur parcours et mieux nous aider à faire notre travail, telle est notre "hypothèse du réseau". Si le contexte s'impose au patient, le cadre, lui, se pose. C'est dans ce sens que nous posons le cadre du réseau comme élément de la prise en charge au Drop-In ; compris comme une tentative de "re-maillage" donc comme partie intégrante du processus thérapeutique.
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