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PREVENTION PRIMAIRE SUR LE TERRAIN EN 2000. 

Durant l’année 2000, le Drop-In a participé  au travail de la commission faîtière chargée d’élaborer une Politique de  Santé  et d’Appui à la Jeunesse (PSAJ).

Ce fut un investissement important.

Pour mener à bien cette large réflexion, des groupes de travail ont été créés.

Dès l’automne 2000, une représentante du Drop-In  a été associée à d’autres représentants de services et d’institutions  pour former le Groupe de Travail Promotion, Prévention et Appui (GT-PPA).

Nous espérons vivement que les efforts fournis par toutes les personnes associées à l’élaboration de la PSAJ  permettront d’aboutir  à une politique généreuse, novatrice et cohérente pour toute la jeunesse.

 

Informations aux élèves                               

Le nombre d’informations données à des élèves dans le cadre de la préparation d’un exposé est globalement identique à celui de 1999 (16) .

Les matinées d’info-débat proposées aux étudiants de 3ème année de l’école normale sont  des activités riches en échanges et en qualité.

Nous trouvons opportun de rencontrer ces étudiants qui ont déjà été confrontés à la réalité du métier  au cours de plusieurs stages et remplacements. 

Après une première partie destinée à la présentation de l’institution et à la définition de quelques notions générales, les étudiants se répartissent en groupes d’une dizaine de participants. Chaque groupe est animé par un collaborateur du Drop-In. 

La seconde partie  permet à chacun de s’exprimer sur son expérience et les difficultés observées dans sa pratique. Nous évoquons  aussi différentes façons d’aborder la promotion de la santé et plus particulièrement  la prévention des dépendances

 

Collaboration avec des institutions spécialisées pour adolescents                                                          

A la fin de l’année écoulée, nous avons été contactés par deux directeurs d’institution. 

Dans le premier cas, le directeur et l’équipe éducative se demandaient comment réagir face à des pensionnaires soupçonnés de fumer du haschisch

Dans le second cas, le responsable du Foyer et ses collaborateurs(trices) savaient que certains pensionnaires fumaient occasionnellement du haschisch et ils souhaitaient  qu’une soirée d’information soit organisée. 

Après l’analyse des demandes et la prise en compte des contextes, nous avons dans les deux  situations proposé sensiblement la même prestation ; à savoir, une soirée d’échanges en sous-groupes

Chaque fois, un groupe a été composé des professionnels et du responsable du Foyer  et deux autres groupes constitués des pensionnaires. 

Les différents groupes ont été animés par des collaborateurs du Drop-In. 

La  réflexion menée dans les groupes d’adultes a porté principalement sur les représentations et les pratiques personnelles en matière de consommation de produits psychotropes légaux ou illégaux  ainsi que sur la prise en compte de la souffrance  parfois exprimée par les adolescents  par le biais de comportements “ déviants ”. 

Dans les groupes d’adolescents, les discussions ont témoigné des pratiques et des motivations de chacun. Les thèmes des limites à respecter ou pas, des souffrances personnelles à soulager “ à tout prix ”, de la dépénalisation du cannabis, des ressources à exploiter ou à créer ont largement occupé les échanges. 

A l’issue de ces moments en groupe, une synthèse en grand groupe a été proposée.

 

L’opportunité a été prise par un seul des foyers. Cette pratique reste très tributaire de l’atmosphère régnant momentanément dans le Foyer. 

Par contre, un bref bilan de la soirée a été chaque fois effectué entre l’équipe éducative, la direction et les collaborateurs du Drop-In. 

Nous souhaitons que ces deux  expériences aient une suite. Nous avons proposé aux équipes de poursuivre la réflexion  et de  (re)voir les adolescents en fonction des changements. 

Le plus important, nous semble de  pouvoir aider le personnel éducatif à se sentir  en accord avec le rôle de relais de prévention qui leur est proposé.

 

 

Prévention primaire, pour qui ?                      

Toute personne ou tout groupe peut solliciter le Drop-In pour des séances d’information en matière d’addiction ou pour une présentation de l’institution :

 

n   Aux adultes : des parents, des professionnels de l’enseignement, de l’éducation, de la santé        et tout autre organisme ou institution intéressés.

n   Aux adolescents : tous ceux qui le demandent et bien souvent pour la préparation d’un exposé présenté à l’école.

n   A tout groupe de jeunes et en particulier dans le contexte des “ Journées Santé ” organisées par le GIS (Groupe d’Information Sexuelle et Education à la Santé). 

 

Des informations ont été données à : 

n   plusieurs élèves de niveau secondaire inférieur et supérieur,

n   des journalistes,

n   des enseignants,

n   des parents,

n   des étudiants de l’Ecole Normale,

n   des politiciens.

 

 

SNIIPS (Stand Neuchâtelois Itinérant d’Information et de Promotion de la Santé)                                 

L’expérience  pilote menée en 1998 et 1999 est terminée. 

Une évaluation complète a été accomplie et commentée lors d’une conférence de presse en septembre 2000.

En conclusion, mettre en place un “ stand communautaire ” intégrant différents organismes de prévention et de promotion de la santé devrait rester au centre de toute prochaine conception.

L’expérience positive d’un mode de travail regroupant différents professionnels a motivé les

initiateurs à souhaiter que les prochaines actions se poursuivent dans cette même voie.

Un organisme de santé publique pourrait se charger de la coordination

 

Fil rouge                                   

Il s’agit d’un projet de prévention des dépendances dans les institutions pour enfants et adolescents. 

Ce programme  consiste  à mettre en contact des organismes de prévention et des institutions spécialisées pour enfants et adolescents. L’objectif  est de créer des liens  et d’optimaliser les démarches préventives des uns et des autres. 

Le Drop-In  participe à toutes les rencontres organisées par des institutions provenant de Berne francophone, Jura et Neuchâtel (BE-JU-NE). 

Il existe aussi un volet romand du Fil rouge. 

Deux colloques sont organisés  chaque année et mettent  en contact professionnels travaillant en institution et professionnels de la prévention.

Ces rencontres thématiques sont d’enrichissantes occasions  de connaître les problématiques existant dans les institutions romandes spécialisées et de prendre le “ pouls ” des ambiances qui y règnent par rapport aux consommations de drogues légales et illégales.

 

“ Journées Santé ”                           

Nous avons participé en 2000  à 24 “ Journées Santé ”.

Les travailleurs sociaux du Râteau-Ivre animent à tour de rôle un atelier. Les thèmes de la vie sociale, des consommations de produits psychotropes légaux et illégaux, de la dépendance, de la déprime et du  “ mal-être ”, des relations avec les proches, des ressources personnelles, des plaisirs de la vie, de la dépénalisation du cannabis, etc... ont été développés. 

Le thème de la dépénalisation du cannabis, de sa compréhension par les adolescents et des répercussions qu’ils pouvaient imaginer a été abordé par le biais d’un questionnaire.

Celui-ci  constitue le matériel de base utilisé par les membres du Groupe de Prévention du GREAT (GPG) lors d’une journée  romande de rencontre ( voir sous chapitre  GPG ). 

Durant ces “ Journées Santé ”, les élèves ont le choix  entre des ateliers proposés par des intervenants de différents services officiels. Il s’agit du Planning familial, du Groupe SIDA Neuchâtel, du Service médico-social et du Drop-In.

 

 

Groupe de Prévention du GREAT (GPG)           

Le groupe de prévention du GREAT mène, au niveau romand, un travail de réflexion  autour de la prévention primaire des dépendances, de la promotion de la santé dans ce domaine spécifique. 

Les six journées annuelles permettent aux intervenants romands de se rencontrer, de se connaître, d’échanger sur leur pratique. 

La perspective de la dépénalisation du cannabis a suscité des questions et a abouti à l’organisation, par les membres neuchâtelois, d’une journée de réflexion sur ce thème. 

Afin de savoir comment adapter les actuelles stratégies de prévention primaire, deux collaborateurs du Drop-In ont élaboré un questionnaire.

Avec leurs collègues, ils l’ont soumis aux adolescents rencontrés dans le cadre des “ Journées Santé ” et au Râteau. 

Nous vous soumettons ici un résumé des résultats de cette enquête et des considérations qui en ont découlé.

 

Enquête sur la dépénalisation du cannabis             

Nous avons élaboré un petit questionnaire à discuter dans le cadre des “ journées santé ” organisées par le GIS et durant lesquelles le Drop-In de Neuchâtel intervenait. Nous avons eu la possibilité d’interroger toutes les sections des dernières années secondaires du collège de Cescole à Colombier (NE) (environ 50 élèves de 15-16 ans), ce qui représente un échantillon assez diversifié de ce type de population.

Ce questionnaire n’a pas été conçu de manière rigoureusement scientifique mais il donne un aperçu intéressant de l’avis de quelques jeunes reçus par groupes de 4 à 6 personnes.

Nous avions envie d’interroger des adolescents afin d’élucider un certain nombre de questions :

n   Comment un changement de loi serait-il perçu par les adolescents et ne risquait-il pas d’avoir un effet contraire et incitateur ?

n   Comment les jeunes que nous allions voir, se situaient face à cette pénalisation et à une éventuelle dépénalisation ? 

Les réponses sont presque unanimes en ce qui concerne la première question: il n’y a pas d’effet incitateur pour eux, car ils ont conscience que la loi est une chose et le produit une autre. Ils ne font pas de liens de cause à effet entre la dangerosité et l’interdiction. Ils citent fréquemment l’attrait de la transgression.

Pour certains, l’interdit parental ou culturel est beaucoup plus important que l’interdiction légale.

D’ailleurs, dans certains cas, c’est la réaction des parents (discussions et bilans intrafamiliaux par exemple), et non l’action en justice, qui a eu un impact sur le jeune qui cessa alors ses consommations. Un adolescent se demandait si ses parents auraient réagi s’il n’y avait pas eu d’interdiction légale et de sanction...

Effectivement, on peut se demander, en cas de dépénalisation, si certains parents seront à même de mettre un interdit ne reposant pas sur une interdiction légale.

 

Nous avons constaté beaucoup d’ambivalence et de contradictions concernant leur position sur la dépénalisation de la consommation du cannabis. Les jeunes avaient beaucoup de difficultés à faire des liens entre la réflexion induite par le questionnaire et leur réponse à cette question. Les avis étaient donc partagés. 

Nous avons également interrogé des jeunes dans notre structure de prévention secondaire, le Râteau-Ivre. Les résultats sont différents car la population sondée est plus jeune (12-14 ans), plus défavorisée scolairement et presque exclusivement étrangère. Ces adolescents sont unanimement en défaveur d’une dépénalisation et se sont montrés particulièrement rigides dans leur raisonnement. On peut faire l’hypothèse que l’âge des adolescents influence nettement leur manière d’appréhender la question. Les 12-14 ans sont encore très influencés par certaines valeurs familiales,  culturelles ou religieuses.

Les 15-16 ans, qui sont en pleine mutation, deviennent plus perméables à ce qui se passe autour d’eux, dans la société, la presse, ou en politique. Ils sont aussi influencés par ce qu’ils ont intégré depuis des années. Différents éléments forgent leur opinion ce qui peut expliquer l’ambivalence constatée et les contradictions répétées.
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