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PREVENTION PRIMAIRE SUR LE TERRAIN EN 2004

 

Types de prestations

La prévention primaire au Drop-In offre principalement des prestations destinées à trois publics :

Ø      Informations individuelles aux adolescents dans le cadre de la préparation d’un exposé.

Ø      Séances d’information à des groupes d’élèves du secondaire inférieur, et supérieur dans les écoles professionnelles.

Ø      Soirées d’information destinées à un public d’adultes (parents, enseignants, professionnels divers, etc).

Intervention à des groupes d'élèves

GIS


Cette année nous avons poursuivi notre collaboration avec le GIS pour les Journées santé. Nous animons des ateliers pour des petits groupes d’élèves en fin de scolarité.

Nous effectuons également quelques séances d’information pour des groupes d’élèves provenant de collèges qui organisent des « journées prévention ».

CPLN


Depuis trois ans, la direction du CPLN, inquiète de l’usage parfois problématique du cannabis ainsi que du nombre croissant de consommateurs présumés, fait appel au Drop-In.

Chaque année, elle met sur pied sa campagne « Cannabis et apprentissage ».

Cette prestation d’information et de prévention est destinée aux élèves, aux parents et aux professeurs.

En 2004, nous avons pour la deuxième fois rencontré tous les élèves de première année des différentes écoles du CPLN. Cela représente environ 700 élèves.

Les groupes, d’une dizaine d’élèves, ont échangé sur les différents types d’usage des produits psychotropes légaux et illégaux. Ils ont aussi eu l’occasion de vérifier leurs connaissances au sujet des risques qui peuvent accompagner une consommation de cannabis ou d’un autre produit psychotrope. Certains n’ont pas manqué de situer leur consommation en fonction des informations objectives et scientifiques apportées par les intervenants. 

Lors de ces interventions au CPLN auprès d’élèves d’une moyenne d’âge de 17 ans, il a été très intéressant de noter qu’un pourcentage important des apprentis est passé par le stade de l’expérimentation. Pour plusieurs d’entre eux, la consommation expérimentale est devenue régulière, voire massive.

Beaucoup de ces apprentis disent pourtant être revenus à l’abstinence ou à une consommation récréative occasionnelle. Ce constat concorde avec des études qui s’accordent sur une durée moyenne d’une année pour ce type de consommations massives.

Ces modifications de l’usage sont principalement motivées par de « mauvais trip », des troubles de la mémoire et de la concentration et des effets jugés néfastes dans le domaine de la vie scolaire, professionnelle, sociale et affective.

Un certain nombre de consommateurs problématiques, abusifs ou dépendants est chaque année signalé aux directions par les professeurs ou d’autres intervenants.

L’école, par l’intermédiaire de ses conseillers aux apprentis, assure aux « transgresseurs » une écoute et un dialogue. Le contexte et les causes des consommations sont prioritairement examinés.

Dans ce cadre, des collaborations avec le Drop-In  peuvent se développer (cf. cannado).

Le CPLN inclut dans sa campagne des soirées d’information, animées par le médecin directeur de notre institution, pour les parents et les professeurs.

La qualité de l’évolution de notre collaboration avec le CPLN nous procure beaucoup de satisfaction. Les différents directeurs, doyens et conseillers aux apprentis partagent la philosophie de notre démarche. Ils prennent soin de dépister les situations problématiques de certains jeunes tant sous l’angle de la consommation de produits psychotropes que sous celui de l’état de santé général  (psychique, physique, social).

Evidemment, davantage de signalements pourraient être faits aux conseillers aux apprentis. Pour cela, il sera probablement nécessaire de retravailler plus spécifiquement avec les professeurs qui ne sont pas encore tous suffisamment informés ou acquis à la démarche. Des discussions sont déjà en cours à ce sujet.

La direction du CPLN a inscrit, en décembre 2001, dans le règlement interne du centre : la consommation de cannabis est interdite (au même titre que celle d’alcool) dans le cadre de l’établissement et de ses alentours. Cet interdit social, porté par tous les adultes de l’école, peut s’avère efficace.

Il est très agréable de constater que le CPLN effectue aussi un travail au niveau du contexte de vie en faisant par exemple de ses bâtiments des espaces sans fumée. Des remaniements d’horaire ont amélioré le climat dans les classes en diminuant sensiblement le stress et la pression ressentis par les étudiants. La cohérence de cette démarche exemplaire doit beaucoup au fait qu’elle s’inscrit dans un processus de promotion de la qualité de vie.

 

Conférences - débats

Plusieurs associations de parents d’élèves, groupes de professionnels, ainsi que la fédération neuchâteloise des écoles des parents nous ont sollicités pour des conférence-débats. Le thème s’articule autour de la consommation de cannabis à l’adolescence.

Lors de ces soirées, nous présentons une partie théorique comprenant des définitions et décrivant le cadre de notre travail au Drop-In. Nous exposons aussi notre conception de la prise en charge des problèmes d’addiction.

Durant le débat, les participants échangent doutes, convictions, interrogations et expériences personnelles. Quand faut-il s’inquiéter, comment réagir, est-ce toujours grave ? Quel rôle pour les parents ? etc…

Nous réfléchissons ensemble au sens de la consommation de produits psychotropes à l’adolescence. Est-il le même que pour les adultes ?

L’objectif principal de cette discussion est d’orienter le débat sur les spécificités de l’adolescence et de rassurer les parents sur leurs compétences et leur droit (devoir) à prendre position clairement. Ce d’autant plus qu’ils peuvent être confronté à un adolescent qui s’ingéniera à faire penser qu’ils ne sont plus dans le coup !

Deux des conclusions principales de ces soirées consistent :

Ø      à encourager les parents à rester les détenteurs de l’autorité, des limites et des règles en vigueur au sein de leur famille 

Ø      à observer leur enfant  globalement en s’attachant  plus à son état de santé général (comment va mon enfant ?) qu’à la détection des yeux rouges qui ne leur en diront pas forcément  beaucoup sur la vie de leur progéniture grandissante.

 

En conclusion

Le débat autour de la dépénalisation et son aboutissement au statu quo auront finalement provoqué chez certains responsables scolaires et citoyens-parents l’envie d’une meilleure compréhension  des phénomènes liés aux addictions.

Nous nous réjouissons de pouvoir travailler dans ce climat qui favorise l’intégration de la nécessité d’un positionnement des adultes en tant que garants et promoteurs de l’interdit social en matière de consommation de produits psychotropes par les jeunes.

Ce début de consensus ouvre la porte à de nouvelles pistes de réflexion et d’action que nous nous efforcerons d’élaborer à l’avenir.

 

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